Le débat était houleux, les accusations lourdes, les attentes immenses. Dimanche 10 janvier 2026, sur le plateau de l’émission spéciale « Y a problème » diffusée sur Life TV, le litige foncier d’Akoupé-Zeudji a connu un tournant décisif. Face aux attaques répétées contre la société SOPHIA S.A., son PDG, Touré Ahmed Bouah, a choisi une arme redoutable : la preuve documentaire.

Depuis plusieurs années, l’affaire Akoupé-Zeudji, située dans le District autonome d’Abidjan, cristallise tensions sociales, accusations publiques et soupçons de spoliation foncière. SOPHIA S.A., promoteur du projet, est accusée par certains détenteurs de droits coutumiers de n’avoir ni payé les ayants droit, ni respecté les engagements pris.
Invité aux côtés d’Amon Amon Athanas, président de la mutuelle des détenteurs de droits coutumiers (DDC), et de Franck Boni, ex-liquidateur du projet des ex-Forces de Défense et de Sécurité (FDS), Touré Ahmed Bouah a décidé de répondre point par point.

Au cœur de son intervention : deux chèques et un courrier officiel du Fonds de Prévoyance Militaire (FPM). Daté du 26 septembre 2025, le document signé du colonel-major Olivier Oka, Directeur général du FPM, confirme l’établissement de deux chèques d’un montant total de 1 666 666 665 FCFA, au profit de Maître Coulibaly Benoît, notaire représentant les DDC.
Mieux encore, le compte rendu de la réunion du 16 juillet 2025, réunissant la gendarmerie nationale, le FPM, la chefferie, SOPHIA S.A. et la mutuelle, atteste formellement que cette somme a été effectivement perçue par les détenteurs de droits coutumiers.
« Ils ont fait croire aux propriétaires que ni le FPM ni moi n’avions respecté leurs droits. Pourtant, les preuves sont là, écrites et signées », a martelé Touré Ahmed Bouah.
Ces révélations déplacent le cœur du débat. Si l’argent a bien été versé, où est-il passé ? L’argument selon lequel ces fonds auraient servi à payer des honoraires d’avocats convainc difficilement, d’autant plus que les sommes n’étaient pas affectées à cet usage.

Au total, 5,6 milliards FCFA ont déjà été versés sur les 16,2 milliards FCFA prévus pour les ayants droit, dont 1,2 milliard FCFA à Amon Amon Athanas et 4 milliards FCFA supplémentaires le 7 janvier 2026.
Sur le plan juridique, le PDG de SOPHIA rappelle que toutes les décisions de la Cour d’appel sont définitives. Le déficit des lettres d’attribution constaté en 2011 apparaît désormais comme un dysfonctionnement administratif lié à la complexité du projet social, et non à une manœuvre frauduleuse.

Dans une affaire longtemps dominée par les accusations et l’émotion, la sortie médiatique de Touré Ahmed Bouah marque un rééquilibrage du débat. Documents officiels à l’appui, SOPHIA S.A. voit sa crédibilité renforcée, tandis que de lourdes interrogations pèsent désormais sur la gestion interne des structures représentant les détenteurs de droits coutumiers.
Dans le dossier Akoupé-Zeudji, la vérité semble enfin reprendre ses droits.
Josué Koffi

Average Rating