Le premier Salon des Plantes d’Afrique s’est ouvert, ce mardi 5 novembre 2024, à l’Auditorium de la Bibliothèque Nationale d’Abidjan, au Plateau. Organisé par l’Association pour les Plantes d’Afrique, cet événement inédit vise à valoriser les plantes indigènes du continent africain, trop souvent ignorées au profit d’espèces importées.

Ce salon s’étendra jusqu’au 9 novembre, sous le thème « Plantes indigènes d’Afrique : bienfaits et avenir », et met en lumière un patrimoine naturel aux vertus alimentaires, médicinales, économiques, et culturelles cruciales pour un développement durable.
Le commissaire général du salon, Ibrahim Ouattara, a rappelé l’urgence de ce rendez-vous : « Notre flore indigène regorge de trésors. Pourtant, son existence et son importance sont éclipsées par les plantes domestiquées et introduites. Si celles-ci ont leur utilité, il est indispensable de préserver et de valoriser nos propres espèces qui poussent, souvent, dans un environnement sauvage et menacé. »

La Côte d’Ivoire, par exemple, a perdu près des trois quarts de sa couverture forestière en soixante ans, ce qui menace la survie des plantes indigènes face aux changements climatiques, aux feux de brousse et à l’exploitation forestière non contrôlée.
Expositions, Conférences et Activités Variées

Le salon propose deux grandes expositions : une exposition photographique et des stands d’exposition, permettant au public d’approcher les spécimens et d’en apprendre davantage sur leurs usages.
Par ailleurs, six conférences animées par des experts en ethnobotanique, en médecine traditionnelle et en agroforesterie sont au programme.
La première, animée par le professeur Malan Djah François de l’Université Nangui Abrogoua, aborde l’état des lieux et les diverses utilisations des plantes en Afrique.

Mme Kambou Lydie Rachel, présidente de la Fédération des productrices de karité de Côte d’Ivoire, explorera quant à elle, le rôle des plantes comme le néré et le karité dans l’autonomisation des femmes en milieu rural.Les échanges mettent en évidence l’urgence de la conservation des plantes indigènes.
Ainsi, M. Bakayoko Adama, spécialiste des jardins botaniques, présentera des initiatives pour préserver ces espèces dans des environnements contrôlés, tandis que le Colonel Apata Yavo Nicolas expliquera l’importance de l’agroforesterie, notamment à travers le projet « Une école, 5 ha de forêt ».

Un Appel à la Protection et à la Valorisation
Le salon se veut également un lieu de sensibilisation. Les interventions du Colonel Niamba Michel du ministère des Eaux et Forêts et des nombreux participants convergent vers un appel à une prise de conscience collective. « Ce salon, par sa portée éducative, rappelle que les plantes africaines fournissent non seulement des ressources alimentaires et médicinales, mais qu’elles font aussi partie intégrante de notre identité », souligne-t-il.

Le salon plaide ainsi pour une meilleure gouvernance forestière et une revalorisation de ce patrimoine pour les générations futures, en rappelant que les autorités ivoiriennes se sont fixées l’objectif ambitieux de porter la superficie forestière nationale de 2,97 millions à 6 millions d’hectares d’ici 2030.
Des jeux concours et des tables rondes enrichissent aussi le salon, permettant au public d’interagir avec des botanistes, des ingénieurs agronomes et des acteurs de la médecine traditionnelle, mettant en avant des solutions pour contrer l’impact du changement climatique et préserver les plantes africaines.

Ce salon des plantes d’Afrique est bien plus qu’un événement de découverte : il ouvre la voie à une réflexion profonde sur notre responsabilité envers notre environnement et notre patrimoine végétal.
Josué Koffi

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