Derrière les chiffres alarmants des violences basées sur le genre (VBG) se cachent des vies brisées, des silences imposés et des femmes qui refusent désormais de se taire. C’est ce message fort qu’a porté le réseau WILDAF Côte d’Ivoire à l’occasion de la conférence de clôture du projet « Voix des survivantes : l’écriture comme outil de plaidoyer contre les violences basées sur le genre », ce Mardi 14 juillet 2026, à la Maison de la Presse, à Abidjan/Plateau. Une initiative qui fait de la parole des victimes un levier de transformation sociale.

Représentant la présidente du Conseil d’administration de WILDAF Côte d’Ivoire, Mme Assoi Valérie, vice-présidente du réseau, a rappelé que le projet place les survivantes au cœur du combat contre les violences.
« Le silence protège les auteurs des violences. Aujourd’hui, nous avons choisi de briser ce silence pour sauver des vies », a-t-elle déclaré, rendant hommage aux 27 femmes qui ont accepté de raconter leur histoire dans un recueil destiné à nourrir le plaidoyer auprès des décideurs.
Elle a également réaffirmé l’engagement de WILDAF Côte d’Ivoire à poursuivre ses actions auprès des parlementaires et des ministères concernés afin d’obtenir des réformes favorables à une meilleure protection des femmes.
Présentant le projet, Justin Oulaï, chef de projet « Voix des survivantes », a expliqué que cette initiative pilote s’est articulée autour d’ateliers de formation aux techniques d’écriture narrative, d’ateliers pratiques d’écriture et d’un plaidoyer institutionnel.
« Nous avons accompagné des survivantes pour transformer leur vécu en témoignages. Aujourd’hui, ce recueil rassemble 27 histoires couvrant toutes les formes de violences basées sur le genre. La parole devient un outil de reconstruction et de changement », a-t-il souligné.
Selon lui, le projet a bénéficié du soutien du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, du Programme national de lutte contre les VBG ainsi que de plusieurs organisations partenaires.
L’écrivaine Traoré Aminata, auteure du livre Le Couteau brûlant et consultante du projet, a salué le courage exceptionnel des survivantes.
« Briser le mur du silence, c’est accepter de mettre sa vulnérabilité à nu. Ces femmes ont désormais le volant de leur vie entre leurs mains », a-t-elle affirmé.

Le psychologue-clinicien Julien Ogbo a, pour sa part, insisté sur l’importance de la prise en charge psychologique des victimes. « On ne soigne pas uniquement les blessures visibles. Il faut aussi reconstruire la personne dans sa dimension psychique », a-t-il expliqué.
Intervenant au nom de l’ONG Akwaba Mousso, Mme Pascaline Koffi, représentante de la présidente, a rappelé que les survivantes ne sont pas de simples bénéficiaires mais « des actrices du changement », avant d’appeler les pouvoirs publics, les partenaires et les médias à amplifier cette mobilisation.
À travers les témoignages bouleversants des survivantes, cette conférence a démontré que l’écriture peut devenir une arme contre le silence, un chemin vers la résilience et un puissant outil de plaidoyer pour bâtir une Côte d’Ivoire où aucune femme ne vivra plus sous la menace des violences basées sur le genre.
Josué Koffi

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