Les chiffres donnent le vertige et rappellent l’ampleur du défi. En Côte d’Ivoire, 10 547 cas de Violences basées sur le genre (VBG) ont été enregistrés en 2025, tandis que 9 607 cas ont été pris en charge en 2024. Une réalité alarmante, mais face à laquelle les autorités affichent une détermination renforcée.

Ce sont des statistiques préoccupantes rendues publiques. C’est à la tribune « Tout savoir sur » qui s’est tenue le mardi 03 mars 2026 à Abidjan/Plateau, que l’information a été révélée. La conseillère technique chargée du Genre, de l’Équité et de l’Autonomisation économique de la Femme, a dressé un état des lieux sans détour.
« Les statistiques demeurent alarmantes », a-t-elle reconnu, tout en soulignant les efforts consentis par l’État pour endiguer ce fléau qui touche principalement les femmes et les filles.
Face à la montée des dénonciations et à la persistance des violences, le gouvernement ivoirien a instauré un dispositif national de lutte contre les VBG. Parmi les actions phares figure la campagne annuelle des « 16 jours d’activisme contre les VBG », destinée à sensibiliser l’opinion publique et à briser le silence autour des violences.
Malgré les pesanteurs socioculturelles qui freinent encore certaines victimes, de plus en plus de cas sont signalés sur l’ensemble du territoire national. Pour les autorités, cette hausse des déclarations traduit aussi une confiance progressive envers les mécanismes de prise en charge.
Dans cette dynamique, des centres d’accueil Pavvios ont été institués dans plusieurs localités stratégiques, dans plusieurs villes du pays et dans le grand Abidjan. Ces structures offrent un accompagnement médical, psychologique, juridique et social aux survivantes.

« En cas d’agression, la victime est prise en charge de façon holistique », a assuré Namizata Fofana Binaté. Selon elle, l’objectif est d’éviter toute revictimisation et de garantir un parcours sécurisé vers la justice et la reconstruction.
La Côte d’Ivoire a également consolidé son arsenal juridique pour combattre l’impunité liée aux actes de VBG. Des programmes spécifiques, des plateformes d’écoute, l’appui d’ONG partenaires ainsi que des subventions de l’État contribuent à faciliter l’accès des victimes à la justice.
Pour le ministère en charge de la question, la lutte contre les violences basées sur le genre est désormais érigée en priorité nationale. « Nous avons un programme national de lutte contre les VBG », a rappelé la conseillère technique.

Au-delà des chiffres, c’est toute une société qui est interpellée. Car derrière chaque statistique se cache une vie brisée, une dignité atteinte. La bataille contre les VBG ne se gagnera pas uniquement dans les textes, mais dans les mentalités. Et l’urgence, elle, ne souffre d’aucun délai.
Josué Koffi

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