Dans la solennité du Palace Hôtel de Yamoussoukro, les voix des adolescentes africaines ont résonné, avec force et conviction. Pendant quatre jours, plus de 250 jeunes venus de 20 pays ont transformé la capitale politique ivoirienne en un véritable laboratoire d’idées, où se dessine l’avenir d’une Afrique plus juste, inclusive et égalitaire.

Une mobilisation continentale portée par la jeunesse
Placée sous le thème « Comptez sur nous : les adolescents africains co-créent des solutions pour faire progresser la justice de genre et les droits », cette édition 2026 du Sommet des Filles Adolescentes (SDFA) marque un tournant. Organisé avec le soutien du Global Fund for Children et plusieurs partenaires internationaux, l’événement s’impose désormais comme une plateforme incontournable d’expression et d’engagement des jeunes.

La présence remarquée de partenaires institutionnels, notamment le représentant résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, Jean-François Basse, et celui de l’UNESCO, Mame Diop, a témoigné de l’importance accordée à cette initiative par le système des Nations Unies.
Des enjeux cruciaux au cœur des échanges
Au fil des panels et dialogues intergénérationnels, les participantes ont abordé des problématiques majeures telles que l’accès à l’éducation, la santé sexuelle et reproductive, les violences basées sur le genre ou encore les mariages précoces.

« Nous ne sommes pas seulement l’avenir, nous sommes des leaders aujourd’hui », a déclaré une jeune participante venue du Ghana, traduisant l’état d’esprit combatif et engagé qui a marqué les débats.
Dans un contexte où, selon les données de l’UNICEF, une adolescente sur deux en Afrique de l’Ouest et du Centre n’est pas scolarisée, les discussions ont insisté sur l’urgence d’actions concrètes et coordonnées.

Un engagement politique affirmé
Clôturant les travaux, le ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Jean-Louis Moulot, a salué « l’énergie, la créativité et la détermination » des jeunes participantes. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement ivoirien à promouvoir l’éducation des jeunes filles, notamment dans les filières techniques.
« Les jeunes filles ne doivent pas être perçues comme de simples bénéficiaires, mais comme de véritables actrices du changement », a-t-il insisté, rappelant la vision du Président Alassane Ouattara d’une jeunesse moteur du développement national.
Un plan d’action pour 2026-2028

Point d’orgue du sommet : la présentation d’un Plan d’action ambitieux pour la période 2026-2028. Élaboré par les adolescents eux-mêmes, ce document stratégique met l’accent sur le plaidoyer, l’éducation par les pairs, la lutte contre les normes sociales néfastes et la promotion du leadership féminin.
Les jeunes ont également appelé les gouvernements, les organisations internationales et le secteur privé à renforcer leur soutien, notamment en matière de financement, de formation et d’accès aux opportunités.
Une dynamique appelée à s’amplifier

Au-delà de Yamoussoukro, le Sommet des Filles Adolescentes s’inscrit dans une dynamique panafricaine visant à bâtir un mouvement durable pour la justice de genre à l’horizon 2030.
« Unis pour les droits des filles », la devise de cette édition, résonne désormais comme un appel à l’action collective.

Par ce rendez-vous, la Côte d’Ivoire confirme son rôle de carrefour du dialogue africain sur les grandes questions sociétales, tout en offrant à sa jeunesse une tribune pour façonner son destin.
Josué Koffi

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