Dans une atmosphère chargée d’émotion et de détermination, les silences longtemps enfouis ont cédé la place à des paroles courageuses. Le samedi 28 mars 2026, à l’UNICEF Côte d’Ivoire, à Abidjan, le lancement du programme « Filles fortes, esprits libres » a rassemblé acteurs institutionnels, jeunes filles et partenaires engagés autour d’un objectif commun : briser les tabous et redonner une voix à celles que l’on entend trop peu. Entre témoignages poignants et engagements fermes, cette initiative s’impose déjà comme un tournant majeur dans la lutte pour l’autonomisation des adolescentes en Côte d’Ivoire.

Des voix longtemps étouffées ont commencé à se libérer. le lancement du programme « Filles fortes, esprits libres » a marqué un tournant dans la prise en compte des réalités des adolescentes ivoiriennes.
Entre témoignages, plaidoyers et engagements, l’événement a posé les bases d’un espace inédit de dialogue et d’écoute.
Initiée par les plateformes Amanii et Girl Up Côte d’Ivoire, en collaboration avec l’UNICEF, cette initiative vise à offrir aux jeunes filles un espace sûr et anonyme pour s’exprimer sans crainte.

Pour Sophie Tall, fondatrice d’Amanii, l’enjeu est crucial :
« Amanii va permettre aux jeunes filles de trouver des informations fiables sur leur santé globale, leur santé sexuelle et reproductive, mais aussi sur leur santé mentale. C’est un espace où elles peuvent parler en toute confiance avec des sages-femmes qualifiées. »
Elle alerte par ailleurs sur une réalité préoccupante : « 37 % des jeunes filles en Côte d’Ivoire souffrent d’anxiété au quotidien. C’est beaucoup trop. Et surtout, trop peu sont accompagnées. »

Prenant la parole, Jean‑François Basse a dressé un tableau sans complaisance de la situation.
« Une société qui néglige ses filles, c’est une société qui se prive de ses racines », a-t-il affirmé, avant de rappeler que près de 3,2 millions d’adolescentes vivent en Côte d’Ivoire.
Mariages précoces, mortalité maternelle élevée (385 décès pour 100 000 naissances vivantes), manque d’accès à l’information fiable ou encore tabous autour de la santé mentale : autant d’obstacles qui freinent l’épanouissement des jeunes filles.



« Trop de voix sont étouffées. Mais chaque mur peut être brisé », a-t-il insisté, appelant à une mobilisation collective.
Face à ces défis, l’UNICEF réaffirme son engagement. « Investir dans les adolescentes aujourd’hui, c’est bâtir une société plus juste et inclusive », a souligné Jean-François Basse, promettant de soutenir toutes les initiatives en faveur de l’autonomisation des jeunes filles.
Dans la même dynamique, Aïssa Tassidi-Bendia a salué une initiative « nécessaire et porteuse d’espoir », tout en se disant ouverte à des collaborations pour renforcer l’impact sur le terrain.



Elle a insisté sur un levier essentiel : « L’estime de soi est fondamentale. Sans elle, une jeune fille ne peut pas se construire ni s’affirmer. »
Au-delà d’Abidjan, les initiateurs du projet entendent étendre le programme à l’ensemble du territoire, y compris dans les zones les plus reculées. L’objectif est de toucher toutes les adolescentes, sans distinction, et briser les tabous qui freinent leur épanouissement.



Fait notable, le programme se veut également inclusif, impliquant les jeunes garçons dans la dynamique de sensibilisation.
En conclusion, le message adressé aux adolescentes se veut sans équivoque : croire en leur potentiel et oser rêver grand.
« Votre voix a de la valeur. Vos idées comptent. Vous êtes les architectes de demain », a lancé Jean-François Basse sous les applaudissements.





À travers « Filles fortes, esprits libres », c’est une nouvelle page qui s’ouvre pour des milliers de jeunes filles ivoiriennes, désormais appelées à transformer leurs silences en forces.
Josué Koffi

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