Avec près de 4 470 milliards de FCFA mobilisés à fin septembre, la Direction générale des impôts (DGI) se rapproche de ses objectifs annuels, sans toutefois les avoir totalement atteints. À l’occasion du séminaire bilan du troisième trimestre 2026, l’administration fiscale a décidé de passer au crible ses performances et, surtout, l’efficacité de ses contrôles, dans la perspective de franchir la barre symbolique des 6 000 milliards de FCFA de recettes cette année.

Des résultats encourageants, mais un effort supplémentaire attendu
Sur les 9 premiers mois de 2026, la DGI a mobilisé 4 469,16 milliards de FCFA sur un objectif cumulé de 4 489,4 milliards, soit un taux de réalisation de 99,5 %. Ces recettes enregistrent une progression de 18,88 % par rapport à la même période de 2025, correspondant à une hausse de 708,76 milliards de FCFA.
Pour le seul 3 éme trimestre, les recettes se sont établies à 1 476,24 milliards de FCFA, contre un objectif de 1 504,4 milliards, soit un taux de réalisation de 98,12 %. Malgré cet écart de 28,16 milliards, les performances progressent de 18,22 % sur un an.

Saluant le travail des équipes, le directeur général des impôts a estimé que cette performance était proche des attentes, tout en appelant à davantage d’efforts. « Le potentiel n’est pas exploité entièrement », a-t-il souligné, invitant ses collaborateurs à identifier des solutions innovantes pour améliorer le rendement de l’administration.
La barre des 6 000 milliards de FCFA en ligne de mire
Pour le 4 éme trimestre, l’objectif de recettes est fixé à 1 400 milliards de FCFA. À cette ambition s’ajoute le rattrapage des insuffisances constatées au cours des trois premiers trimestres. La DGI entend ainsi dépasser l’objectif annuel officiel de 5 890,4 milliards de FCFA et franchir le seuil symbolique des 6 000 milliards.

« Notre ambition, c’est de franchir la barre symbolique des 6 000 milliards », a rappelé le directeur général Ouattara Sié Abou, exhortant chaque service à mesurer l’ampleur des efforts attendus.
Le contrôle fiscal au cœur des réformes
Placées sous le thème « Contrôle fiscal : résultats, difficultés et propositions d’amélioration », les assises visent à dresser un bilan approfondi des réformes engagées depuis 2016 pour professionnaliser les vérifications fiscales.
La DGI entend notamment renforcer la sélection des entreprises à contrôler à partir d’outils d’analyse des risques, sous la coordination de la Direction des enquêtes, du renseignement et de l’analyse de risques (DIRA). Cette approche doit limiter les chevauchements de contrôles et prévenir les situations assimilées à du harcèlement fiscal par certains contribuables.

Pour le directeur général Ouattara Sié Abou, l’enjeu est de concilier efficacité des contrôles, respect des droits des contribuables et amélioration du civisme fiscal. « Il faudrait que nous puissions en parler ici sans détour et sans faux-fuyant », a-t-il insisté, évoquant les critiques auxquelles cette activité est parfois confrontée.
Un hommage aux collègues disparus
La rencontre a également été marquée par un moment de recueillement en mémoire de plusieurs agents décédés, notamment la directrice générale adjointe, le docteur M’Bahia Bamba Maférima, affectueusement appelée « Adja » par le directeur général, ainsi que Kouakou Sévérin et Traoré Lassina.

Citant François Mitterrand, il a rappelé : « Penser aux morts, c’est assurer la survie des gens qu’on a aimés, en attendant que les autres le fassent pour nous. »
Vassogbo Bamba, Directeur de cabinet adjoint du Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget de Côte d’Ivoire (auprès du ministre Adama Coulibaly), a salué les efforts de la Direction générale des Impôts (DGI) dans l’amélioration des recettes fiscales, tout en l’exhortant à maintenir cette dynamique pour atteindre les objectifs fixés en 2026.
Représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, il a souligné que les résultats enregistrés témoignent des efforts consentis par les services fiscaux, malgré les écarts constatés.

« Le message est surtout un encouragement à poursuivre la dynamique d’amélioration continue », a-t-il déclaré, invitant les responsables fiscaux à renforcer les actions de contrôle et de recouvrement afin d’accroître les performances de l’administration fiscale.
Insistant sur le rôle stratégique du contrôle fiscal, Vassogbo Bamba a rappelé qu’il constitue un levier essentiel pour garantir l’équité entre les contribuables, lutter contre la fraude et améliorer les recettes de l’État.
« Le contrôle fiscal permet de rétablir la justice et l’équité fiscales, de lutter contre la fraude et la concurrence déloyale et d’améliorer les recettes fiscales », a-t-il souligné.
Il a également indiqué que les conclusions du séminaire étaient particulièrement attendues par le ministre, qui demeure attentif aux propositions visant à améliorer les performances de la DGI et à soutenir le développement économique du pays.



Au-delà des chiffres et des réformes, ce séminaire pose ainsi une exigence : faire du contrôle fiscal un instrument de performance, d’équité et de confiance entre l’administration et les contribuables.
Josué Koffi

