Épargner dès l’enfance, investir progressivement et apprendre à déjouer les pièges financiers : tels sont les principaux enseignements de la deuxième journée de la 9ᵉ édition du Salon de l’épargne, de l’investissement et du patrimoine (SEIP 2026), organisée à Abidjan. À travers plusieurs panels et sessions thématiques, des professionnels de la finance, du numérique et de la sécurité ont partagé leurs conseils pour aider les populations à mieux gérer leur argent et à sécuriser leurs investissements.

Apprendre à épargner dès le plus jeune âge
« Commencer tôt, commencer petit », c’est le message mis en avant lors du premier panel consacré à l’éducation financière des enfants. Les intervenants ont insisté sur l’importance d’inculquer très tôt les bons réflexes de gestion de l’argent, en encourageant une épargne régulière, même modeste.
Cette démarche vise à installer une culture financière durable, fondée sur la discipline, l’anticipation et la préparation des projets futurs.
Le mobile money, une passerelle vers l’investissement

Le potentiel des solutions numériques a également occupé une place importante dans les échanges du panel 4, consacré aux fintechs et au mobile money. L’objectif : montrer comment ces outils, initialement utilisés pour les transferts d’argent, peuvent faciliter l’accès à l’épargne et aux placements financiers.
Pour Patrick ATTOUNGBRE, directeur général de MTN MFS Côte d’Ivoire, « Quel que soit le niveau des ressources, il faut s’efforcer d’épargner. »

Son homologue de Wave Côte d’Ivoire, Katier BAMBA, a, pour sa part, appelé les acteurs du secteur à rendre leurs offres plus accessibles : « Nous, acteurs de la finance, devons travailler à proposer des produits plus accessibles et plus faciles à comprendre. »

Une approche qui rejoint les conseils d’Anny Christiane ECRABET, représentante du bureau de Côte d’Ivoire de NSIA Asset Management. « Mettre de côté, c’est bien. Faire travailler son épargne, c’est mieux », a-t-elle souligné, rappelant que la régularité compte davantage que le montant épargné.
Arnaques financières : les signaux d’alerte
La protection du patrimoine a constitué un autre temps fort du salon. Le panel 3, consacré aux arnaques financières, numériques et foncières, a permis de sensibiliser les participants aux méthodes employées par les fraudeurs.
Marcelin DOUGBA, sous-directeur des Traces technologiques de la DITT, a notamment évoqué trois stratégies courantes : l’usurpation d’identité, la promotion de fausses opportunités d’affaires et les messages particulièrement attractifs.
Hervé BAH, managing director de Ciberobs Consulting, a rappelé que « le numérique sert de canal et d’accélérateur pour les arnaques ». Les informations laissées sur Internet peuvent, selon lui, être exploitées pour établir le profil des victimes et leur adresser des messages frauduleux.

Brice OBLE, directeur général adjoint de la SGCI, a résumé le mécanisme de ces escroqueries : « Le but de l’arnaqueur est de nous amener à libérer notre argent, épargné afin de le diriger vers sa poche. »
Siriki SANGARE, président-directeur général d’OPES HOLDING S.A., a également mis en garde contre les promesses suspectes, notamment dans les opérations foncières et les offres de placement. « Surtout éviter de se fier aux réseaux sociaux et à l’IA », a-t-il conseillé.
Au-delà de la sensibilisation, cette deuxième journée a aussi ouvert des perspectives aux entrepreneurs et aux petites et moyennes entreprises. Les échanges du campus 6, consacré à l’économie numérique africaine, ont notamment porté sur les outils et solutions susceptibles d’améliorer leur compétitivité.

Le Young CEO Talk a, de son côté, donné la parole à Maxwell GORIS, PDG de TEXAS GRILLZ, et à Linda Adeba DEMPAH, cofondatrice et directrice générale des LABORATOIRES ADEBA, sous la modération de Sonia GUIZA, rédactrice en chef et chroniqueuse télé à NCI.
Un message ressort de ces différentes interventions : la construction d’un patrimoine exige du temps, de la discipline et de la vigilance. Comme l’a rappelé Youssouf CARIUS, managing director et fondateur de Pulsar Partners, « Il ne faut pas être pressé. On sème pour récolter dans le futur. »
Josué Koffi
