Dans une salle comble où se croisent ministre, chercheurs et experts internationaux, la Côte d’Ivoire a décidé de regarder l’avenir académique droit dans les yeux. L’atelier national consacré au ranking des universités ivoiriennes, ouvert, ce mercredi 11 février 2026 à Grand-Bassam, par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, marque une étape décisive vers une ambition de hisser les institutions nationales dans les grands classements mondiaux d’ici 2030.

Entre autocritique lucide et promesses de réformes, les acteurs de l’enseignement supérieur veulent transformer le potentiel scientifique ivoirien en véritable vitrine internationale.

Dès l’ouverture, le ministre Adama Diawara a donné le ton, affirmant la volonté gouvernementale d’accorder une priorité stratégique au positionnement international des universités ivoiriennes. « Les ignorer serait une grave erreur. Les subir serait une faiblesse. Les maîtriser est une nécessité nationale », a-t-il insisté. Pour lui, les classements internationaux influencent désormais l’attractivité académique, la mobilité scientifique et les financements. L’objectif est de voir, d’ici 2030, des universités ivoiriennes figurer durablement parmi les meilleures institutions africaines et mondiales.

Malgré des investissements conséquents et des réformes engagées, les universités ivoiriennes restent peu visibles dans les classements internationaux. Dr Sangaré Yaya, Secrétaire général du FONSTI, évoque « un déficit persistant de visibilité internationale, en décalage avec le potentiel scientifique du pays ». Les défis sont multiples : gouvernance du ranking embryonnaire, production scientifique insuffisamment valorisée, systèmes d’information peu intégrés et communication numérique perfectible. Pourtant, les intervenants s’accordent à dire que le problème n’est pas celui du niveau académique, mais d’une organisation encore fragile.

Pendant trois jours, universitaires et experts africains partagent leurs expériences afin d’élaborer une stratégie nationale concertée. Création d’une cellule nationale de pilotage, objectifs chiffrés et feuilles de route institutionnelles sont au cœur des discussions. « Le ranking n’est pas une fin en soi, mais un levier d’amélioration continue », rappelle le ministre Adama Diawara. De son côté, le professeur Ali Doumar du CAMES souligne l’importance des partenariats internationaux pour améliorer la visibilité globale des universités africaines.

Sur le terrain, les responsables universitaires affichent leur optimisme. Pour la professeure Yoboué Véronique, présidente de l’Université Nangui Abrogoua, « nos institutions produisent une recherche de qualité, mais nous devons mieux communiquer et valoriser nos résultats ». L’INPHB, déjà classé dans certains rankings africains, est cité comme modèle. Pour plusieurs intervenants, améliorer la présence numérique, renforcer la coopération internationale et consolider la qualité de l’enseignement pourraient rapidement porter leurs fruits.

Au terme de cet atelier, la Côte d’Ivoire espère franchir un cap décisif vers une reconnaissance académique mondiale. Une ambition à la hauteur de sa volonté de devenir un pôle régional d’excellence scientifique et d’innovation.
Josué Koffi

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