Ports ivoiriens : les dockers haussent le ton et exigent l’application du décret de 2019

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Le ton est ferme, mais le discours se veut responsable. Face à la presse, ce mardi 3 mars 2026, dans la commune Treichville les deux principales organisations de dockers du pays ont décidé de parler d’une seule voix. À travers une conférence conjointe, la FENADCI et la FSDR ont exprimé leurs préoccupations, appelant les autorités à agir pour préserver la paix sociale dans les ports ivoiriens.

Une revendication centrale : l’application du décret de 2019

Représentant près de 8 000 travailleurs répartis entre le et le , la Fédération nationale des dockers de Côte d’Ivoire (FENADCI) et la Fédération des syndicats des dockers pour le renouveau (FSDR) placent au cœur de leurs revendications l’inapplication du décret n°2019-102 du 30 janvier 2019 portant statut particulier des dockers.

Prenant la parole, le secrétaire général de la FENADCI, Guéhi Adéhi Ka Pliké, a salué la reconduction du ministre des Transports et des Affaires maritimes, tout en l’exhortant à s’impliquer personnellement. « Nous voulons préserver la paix sociale, mais cela passe par le respect des textes », a-t-il déclaré.

Selon les syndicats, plusieurs dispositions essentielles restent lettre morte depuis sept ans : la mise en place des commissions de nomination et de régulation des carrières, la clarification de la gestion du Bureau de la main-d’œuvre docker (BMOD), ainsi que l’amélioration de la couverture sociale et des conditions de travail.

Vers une cogestion du BMOD ?

Les organisations dénoncent également l’émission de nouvelles cartes professionnelles en dehors du cadre réglementaire et des affectations jugées contraires aux accords paritaires.

Dans un courrier adressé le 4 février 2026 à la direction du SEMPA/BMOD, elles ont formulé onze points de revendications. Une rencontre tenue le 26 février avec le Conseil d’administration a abouti à la proposition de cinq groupes de travail. « Nous attendons un calendrier précis et des actes concrets », a insisté Guéhi Adéhi Ka Pliké.

Pour lui, les priorités sont claires : l’implication des dockers dans la gestion du BMOD, un droit de regard sur l’assurance maladie et le déblocage des carrières, notamment le passage de journaliers à permanents.

Tout en rappelant l’existence d’une trêve sociale signée en 2024 à Grand-Bassam pour une durée de cinq ans, il prévient : « Une trêve sociale ne saurait signifier la suspension des droits des travailleurs. »

La MUDOCK-CI officiellement lancée

Autre moment fort de la rencontre : la présentation officielle de la Mutuelle sociale des dockers de Côte d’Ivoire (MUDOCK-CI), fruit d’un projet amorcé en 2016.

Le secrétaire général de la FSDR, Carlos Kobena, a retracé les étapes de ce long plaidoyer, saluant l’aboutissement d’un processus qui vise à offrir une meilleure couverture sanitaire à une profession exposée à de nombreux risques.

Le président de la mutuelle, Adam David Mousso, a présenté l’attestation officielle et l’arrêté ministériel d’agrément délivré par le ministère en charge de la Protection sociale. « Le trafic du port d’Abidjan atteint aujourd’hui 46 millions de tonnes par an, mais la situation sociale des dockers n’a pas suivi cette progression », a-t-il souligné.

Un appel solennel au dialogue

En conclusion, les deux fédérations ont lancé un appel pressant aux autorités pour une application diligente du décret de 2019 et une gouvernance plus inclusive du secteur portuaire.

« Un travailleur épanoui est un travailleur productif », a martelé le secrétaire général de la FENADCI, plaidant pour un partage plus équitable des retombées économiques générées par les ports ivoiriens.

Attachés au dialogue, les syndicats préviennent toutefois que toutes les options restent ouvertes si leurs revendications n’aboutissent pas dans un délai jugé raisonnable.

Josué Koffi

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