Peste porcine en Côte d’Ivoire: la SCOOPS EPA renforce ses capacités en attendant la reprise de l’élevage

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Une filière en crise depuis mai 2024
L’élevage porcin, activité florissante en Côte d’Ivoire, traverse une crise sans précédent. Depuis le 11 mai 2024, la détection de foyers de Peste Porcine Africaine (PPA) a conduit à l’abattage sanitaire de plus de 17 000 porcs dans la commune de Songon, stoppant toute production.
Les éleveurs, privés de leurs moyens de subsistance, attendent toujours les indemnisations promises par l’État. Malgré ces difficultés, la Société Coopérative Simplifiée des Éleveurs de Porcs d’Adiopodoumé (SCOOPS EPA) prend les devants pour préparer une reprise sécurisée des activités.

Renforcement des capacités pour prévenir une nouvelle épidémie

Le samedi 22 mars 2025, la SCOOPS EPA a organisé une formation à l’école primaire publique d’Adiopodoumé. L’objectif de cette formation est de former les éleveurs aux mesures de biosécurité afin de minimiser les risques de résurgence de la maladie.
« Nous avons perdu nos porcs, notre activité est à l’arrêt, mais nous voulons redémarrer dans de bonnes conditions . C’est pour cela que nous avons décidé de former tous les éleveurs de notre coopérative», a déclaré Kabran Yeboua Valentin, président de la coopérative SCOOPS EPA.

Dr Zanan Coulibaly, représentant du Ministère des Ressources Animales et Halieutiques, a animé la session, sensibilisant les participants sur les bonnes pratiques d’élevage et les exigences réglementaires en matière de biosécurité.

Il a rappelé que la prévention passe par un strict contrôle sanitaire des exploitations : « Un système rigoureux de surveillance et une bonne formation des acteurs permettront d’éviter de nouvelles pertes. »

Une reprise imminente, mais des indemnités toujours attendues

Selon les autorités vétérinaires, la reprise de l’élevage pourrait être effective d’ici avril 2025, les procédures administratives étant en cours.
Pourtant, un problème majeur persiste : les éleveurs attendent toujours les indemnisations promises il y a huit mois.
« On nous avait assuré que les compensations arriveraient après l’abattage, mais jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons rien reçu. Cette attente retarde la reprise », a déploré le Président.
L’impact financier est énorme, les pertes se chiffrant à plus de 100 millions de nos francs.

Une filière résiliente malgré les difficultés

Face à l’incertitude, la SCOOPS EPA refuse de rester passive. Avec 25 membres, cette jeune coopérative, active depuis six mois, veut relancer l’élevage porcin en sécurisant ses pratiques. « Nous voulons prouver aux autorités que nous sommes prêts et responsables. La sécurité alimentaire est en jeu », insiste Kabran Yeboua Valentin.

Alors que les éleveurs se forment et se préparent à redémarrer, l’État devra tenir ses engagements pour éviter un effondrement durable de cette filière essentielle à l’économie locale.

Ibo François

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