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One Health : la Côte d’Ivoire renforce son bouclier sanitaire face aux menaces émergentes

Josué Koffi Par Josué Koffi 5 minutes de lecture 0 commentaires
One Health : la Côte d’Ivoire renforce son bouclier sanitaire face aux menaces émergentes
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De la santé humaine à celle des animaux, en passant par la protection de l’environnement, la Côte d’Ivoire entend renforcer la collaboration entre les différents secteurs pour mieux anticiper les crises sanitaires. À l’occasion de la Journée mondiale « Une Seule Santé », célébrée le 3 novembre 2026, la coordinatrice nationale de la Plateforme « Une Seule Santé » (PLUSS-CI), Dr Djénéba Ouattara, a présenté les avancées, les défis et les perspectives de cette approche, lors d’une conférence de presse tenue au siège de la structure, à Cocody 2-Plateaux Duncan.

La santé humaine ne peut être durablement protégée sans prendre en compte celle des animaux et l’état de l’environnement. C’est autour de cette conviction que s’articule le concept « One Health », traduit en français par « Une Seule Santé ». Une approche qui gagne du terrain en Côte d’Ivoire, où les autorités veulent faire de la prévention et de la coopération multisectorielle des leviers essentiels de sécurité sanitaire.

Pour Dr Djénéba Ouattara, le principe est aussi simple qu’essentiel : « La santé des hommes, la santé des animaux et la santé de notre environnement, c’est une seule et même santé. Tout est lié. » Elle rappelle que les maladies peuvent circuler entre les espèces et que la dégradation de l’environnement favorise leur propagation. Rage, grippe aviaire, fièvre de Lassa ou encore Ebola illustrent cette interaction permanente.

La PLUSS-CI, un cadre de coordination multisectorielle

Pour donner corps à cette vision, la Côte d’Ivoire s’est dotée de la Plateforme nationale « Une Seule Santé » (PLUSS-CI), créée par décret le 3 avril 2019, puis renforcée par un autre décret le 23 décembre 2020. Placée sous l’autorité du Premier ministre, elle réunit les secteurs de la santé, des ressources animales, de l’agriculture, de l’environnement et plusieurs autres administrations.

Sa mission consiste notamment à coordonner la prévention des maladies émergentes et réémergentes, renforcer la surveillance, faciliter le partage des informations et organiser les réponses aux urgences sanitaires.

« La Plateforme ne remplace aucun ministère. Chaque secteur garde ses responsabilités. Son rôle, c’est d’aider tout le monde à travailler ensemble, de façon plus rapide, plus cohérente et plus efficace », précise Dr Djénéba Ouattara.

Des acquis importants depuis 2019

En 7 années d’existence, la plateforme a enregistré plusieurs avancées. Parmi elles figurent l’adoption du Plan d’action national pour la sécurité sanitaire 2024-2028, le renforcement des dispositifs de surveillance et l’organisation d’exercices de simulation entre les différents secteurs.

La deuxième Évaluation externe conjointe, réalisée en décembre 2023 avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres partenaires, a également permis d’identifier les capacités et les insuffisances du dispositif national.

Depuis 2026, les groupes techniques de travail ont été relancés, notamment ceux consacrés aux laboratoires et à la résistance aux antibiotiques. Un bulletin mensuel de veille sanitaire est également publié. À cela s’ajoutent la cartographie nationale des acteurs One Health et la mise en place d’un espace numérique destiné à valoriser les travaux des chercheurs ivoiriens.

De la fièvre jaune aux inondations, la coopération à l’épreuve du terrain

Les résultats de cette approche se mesurent aussi dans la gestion des alertes sanitaires. Dr Djénéba Ouattara cite notamment la riposte à la fièvre jaune dans le Bounkani, déclarée le 31 juillet 2026, dans les localités de Doropo et Téhini.

Cette intervention a mobilisé épidémiologistes, spécialistes de la santé animale, experts de l’environnement, autorités administratives et communautés locales. Une mobilisation similaire a été observée lors des inondations d’Aboisso, en juillet, après la crue du fleuve Bia.

La gestion de la mortalité de poissons dans la lagune Ébrié, à Songon, en juin, constitue un autre exemple de cette collaboration. Les services compétents ont procédé au retrait et à la destruction des poissons morts, tout en réalisant des analyses et en sensibilisant les populations.

Financement, capacités locales et adhésion des populations : les défis

Malgré ces avancées, plusieurs obstacles demeurent. Le partage des données entre administrations, l’insuffisance des financements, les capacités des laboratoires et le fonctionnement effectif des plateformes départementales figurent parmi les principales préoccupations.

L’adhésion des populations reste également un enjeu majeur. « Nous devons continuer à expliquer, à écouter et à convaincre », souligne la coordinatrice nationale, qui relève notamment le faible taux de vaccination des chiens contre la rage.

Pour l’avenir, la PLUSS-CI entend accélérer l’application du plan sanitaire 2024-2028, rendre opérationnelles les plateformes départementales, consolider les financements et promouvoir la formation des professionnels à travers un projet de centre spécialisé « Une Seule Santé ».

Au-delà des institutions, Dr Djénéba Ouattara appelle chaque citoyen à s’approprier cette démarche. « Quand je protège mon environnement et mes animaux, je protège ma famille », insiste-t-elle.

Car la bataille pour la santé ne se gagne pas uniquement dans les hôpitaux. Elle commence dans les foyers, les élevages, les champs et les quartiers. Une conviction que la Côte d’Ivoire entend désormais transformer en réflexe collectif.

Josué Koffi

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Josué Koffi

Josué Koffi

Journaliste — Côte d'Ivoire Infos

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