Face aux mutations de l’économie ivoirienne et aux défis de mobilisation des ressources intérieures, la Direction générale des Impôts (DGI) entend faire du numérique un instrument majeur d’amélioration du rendement fiscal. L’administration fiscale a engagé une réflexion sur l’intégration de ses différents systèmes d’information afin de mieux identifier les contribuables, renforcer le recouvrement et exploiter davantage le potentiel fiscal national.

C’est dans cette perspective qu’un atelier consacré à l’élaboration des notes de cadrage des projets « Impôt foncier » et « Impôts divers » s’est ouvert le lundi 2 novembre 2026, au Silver Moon Hôtel, à Abidjan.
Présidés par M. CISSE Aboubakari, Directeur général adjoint des Impôts, représentant le Directeur général, les travaux se déroulent sur trois jours, du 2 au 4 novembre 2026. Ils réunissent une trentaine de cadres de l’administration fiscale ainsi que des membres du Comité de direction.
Au cœur des échanges : la recherche d’une meilleure cohérence entre les initiatives de digitalisation, l’évaluation de la valeur ajoutée du projet REDIMA 30 et la définition d’une architecture permettant d’interconnecter les différents systèmes d’information.
L’enjeu est de taille. Malgré les progrès réalisés dans la dématérialisation des procédures, la multiplicité des projets et le manque d’interconnexion entre les plateformes constituent encore des obstacles à une connaissance exhaustive du tissu économique national.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que l’économie informelle demeure importante, tandis que le commerce électronique connaît un essor considérable. À cela s’ajoutent les insuffisances liées à la fiabilité et à l’actualisation des données sur les contribuables.
Pour y remédier, les participants examinent les possibilités de complémentarité entre plusieurs dispositifs déjà opérationnels ou en développement. Il s’agit notamment du Fichier national des commerçants et entreprenants (FNCE), du Système de gestion des collectivités territoriales (SYGIDAN), du Recensement électronique des parcelles et des activités commerciales (REPAE) et du Comité d’optimisation du rendement de l’impôt foncier (CORIF).
Les réflexions portent également sur REDIMA 30, une solution développée par MAFA Holding, dont la valeur ajoutée est examinée dans le cadre de cette démarche d’intégration.
Les travaux sont organisés autour de 2 axes majeurs. Le premier concerne les impôts divers, tandis que le second est consacré à l’impôt foncier. Cette approche vise à mieux structurer les projets, à identifier leurs complémentarités et à éviter la dispersion des efforts dans la transformation numérique de l’administration fiscale.
Cette initiative s’inscrit dans les ambitions du Plan national de développement (PND) 2026-2030, qui place la mobilisation optimale des ressources intérieures au rang des priorités pour financer les politiques publiques.
À travers cet atelier, la DGI entend ainsi consolider les bases d’une administration fiscale davantage connectée, performante et capable de mieux cerner les réalités économiques du pays.
Au-delà de la modernisation des outils, le véritable défi reste désormais de transformer la donnée en recettes. Car une meilleure connaissance du potentiel fiscal ivoirien constitue l’une des clés pour financer durablement le développement économique et social de la Côte d’Ivoire.
Josué Koffi
