Entre l’action et la pensée, entre la construction des villes et celle des idées, une passerelle vient d’être officiellement consacrée à Abidjan. L’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire a distingué l’entrepreneur urbain et auteur Touré Ahmed Bouah en lui remettant la carte de membre d’honneur de la faîtière des écrivains ivoiriens.

Dans une atmosphère empreinte de solennité et d’émotion, l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire (AECI) a procédé, ce vendredi 13 mars, à la remise officielle de la carte de membre d’honneur à l’entrepreneur et auteur ivoirien Touré Ahmed Bouah. La cérémonie s’est tenue au siège de SOPHIA Immobilier, aux Deux-Plateaux Vallon, à Abidjan, en présence de plusieurs écrivains, intellectuels et personnalités du monde culturel. Il est auteur de 51 livres.

Cette distinction, décernée par l’AECI, vise à saluer la contribution intellectuelle et littéraire de cet acteur majeur de l’aménagement urbain en Côte d’Ivoire, également auteur de nombreux ouvrages consacrés aux enjeux du développement africain.
C’est une reconnaissance pour un parcours intellectuel et entrepreneurial. Présidant la cérémonie, la présidente de l’AECI, Hélène Lobé Ouaga, a salué la richesse du parcours de Touré Ahmed Bouah, présenté comme « un bâtisseur de territoires et un penseur engagé du développement africain ».

Dans son allocution, elle a insisté sur l’importance de son œuvre littéraire, qui compte plus d’une cinquantaine de publications abordant des questions majeures telles que le foncier, l’urbanisation, la gouvernance territoriale et les défis économiques du continent.
« Écrire un livre n’est pas facile. Mais écrire plus de cinquante ouvrages démontre une volonté exceptionnelle de transmettre et de laisser une trace pour les générations futures », a-t-elle souligné, avant de rappeler que l’AECI ne pouvait rester « en marge d’une telle valeur intellectuelle ».

Pour marquer l’importance de cette distinction, une délégation d’écrivains s’est déplacée spécialement pour remettre la carte d’honneur au récipiendaire.
Dans la notice biographique présentée lors de la cérémonie, Touré Ahmed Bouah a été décrit comme un entrepreneur urbain convaincu que l’urbanisation structurée constitue l’un des leviers majeurs du développement africain.
À travers ses ouvrages, l’auteur aborde notamment la question sensible du foncier, la crise du logement en Côte d’Ivoire ou encore l’aménagement urbain comme alternative à l’économie de rente. Ses écrits s’appuient sur son expérience de terrain et visent à nourrir la réflexion sur l’avenir des villes africaines.
Pour les membres de l’AECI, son engagement intellectuel illustre la rencontre entre l’action et la pensée, entre la construction matérielle des territoires et la construction des idées.
Visiblement ému, Touré Ahmed Bouah a exprimé sa profonde gratitude envers les écrivains ivoiriens, soulignant le rôle essentiel de la littérature dans l’évolution des sociétés.
« Les projets construisent les villes, mais les idées construisent les civilisations. Et les idées vivent dans les livres », a-t-il déclaré devant l’assistance.
Selon lui, l’Afrique vit aujourd’hui une transformation urbaine rapide qui nécessite une réflexion profonde sur l’organisation des territoires et la gouvernance des villes.
« Un peuple sans écrivain est un peuple sans mémoire. Et un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir », a-t-il ajouté, appelant à l’émergence d’écrivains africains libres et courageux capables d’éclairer les débats publics.

En intégrant officiellement Touré Ahmed Bouah comme membre d’honneur, l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire entend valoriser une personnalité dont les écrits participent au débat intellectuel sur le développement du continent.
Pour les organisateurs, cette distinction symbolise également la rencontre entre deux univers souvent complémentaires : celui de l’action économique et celui de la réflexion littéraire.
Une manière, selon eux, de rappeler que les grandes transformations des sociétés commencent toujours par des idées.
Josué Koffi

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