La Côte d’Ivoire reste l’une des économies les plus performantes de l’Afrique subsaharienne selon la banque mondiale. Avec une croissance économique chiffrée à 6,7% en 2022. Cette croissance économique a été possible grâce aux exportations des biens chiffrées pour la même période à 10,2 milliards d’euro soit plus de 6.630 milliards de FCFA selon la direction du trésor ivoirien. Les produits qui ont favorisé cette croissance économique sont des produits issus de l’agriculture, dominés par le cacao qui représente 30,2% des exportations. A cela s’ajoute les produits miniers 17,8% des exportations, l’or 11,9%, les produits pétroliers et le pétrole brut 18,5% et les produits manufacturés 20%.

Cependant, l’inflation a atteint son plus haut niveau, soit 5,2% en 2022, sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires, des transports et de l’énergie suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie qui ont contribué à la hausse des prix. Pour contenir l’inflation, l’Etat doit contrôler les prix sur les marchés pour éviter la flambé des prix sur les produits de grandes consommations. En 2022, pour lutter contre l’inflation, l’Etat a pris un arrêté ministériel pour plafonner les prix des produits de grande consommation, comme le riz, le sucre, le lait, l’huile, le concentré de tomate, la viande de bœuf et les pâtes alimentaires. Cette décision a permis à l’Etat de contrôler l’inflation. Toutefois, l’Etat peut s’adapter à la crise qui oppose la Russie et l’Ukraine en modernisant l’agriculture, sa principale source de revenue. Il peut développer le secteur industriel et tertiaire pour dynamiser un tissu d’entreprise, source d’investissements et d’emplois. Pour atteindre ces objectifs, l’Etat doit miser sur l’inclusion financière.

A ce niveau, l’Etat a fait quelques progrès avec le développement du mobile money (orange money, mtn money, moov money et wave), la promotion des institutions de microfinances. Selon le ministère de l’économie, du plan et du développement, le taux de bancarisation élargi est passé de 32,6% en 2020 à 37,9% en 2021 soit une hausse de 5,3%. Cependant, le taux des prêts bancaires en Côte d’Ivoire reste encore élevé, il peut atteindre 12% à 13 % en fonction des banques et ne sont pas toujours accessible aux agriculteurs et aux revenus moyens. A ce niveau, la banque centrale (BCEAO) doit baisser son taux de refinancement pour permettre aux banques commerciales de diminuer les taux d’intérêts, ce qui pourrait permettre aux agents économiques d’emprunter. Cette action va stimuler les investissements des entreprises et la consommation des ménages. En 2023, le principal taux directeur auquel la Banque centrale prête ses ressources aux banques passe de 3,00% à 3,25% et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal de 5,00% à 5,25%. L’objectif de la Banque centrale était de contenir les facteurs de risques.

L’Etat a su mettre en place une politique fiscale pendant cette période. Ainsi, dans son budget de l’année 2023, la politique fiscale de l’Etat était principalement orientée sur la réduction de l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux pour les entreprises qui investissent leurs bénéfices en Côte d’Ivoire. Pour l’éligibilité de cette mesure, un investissement de 100 millions de FCFA hors taxe a été réalisé. L’Etat a aussi proposé de limiter le champ d’application de la taxe sur la communication audiovisuelle, notamment sur les publicités émises par les chaines étrangères appartenant au même groupe d’entreprise installé en Côte d’Ivoire.

Pour ce qui concerne la presse nationale, une subvention de près 318 millions de FCFA a été octroyé par l’agence de soutien et développement des médias (ASDM) en Juillet 2023, au groupement des éditeurs de presse (GEPCI), à l’Union nationale des journalistes (UNJCI), au syndicat national des professionnels de la presse privée (SYNAPCI) et à la mutuelle générale des agents des médias privés.
Pour soutenir les investissements durables et le capital humain, la banque mondiale a octroyé 400 millions de dollars, soit plus de 240 milliards de FCFA en 2022. Cette somme a permis de renforcer la concurrence dans les secteurs porteurs et la mobilisation des recettes intérieurs, d’élargir l’accès aux services de santé, d’éducation et de promouvoir l’utilisation durable des ressources naturelles.

Cette opération d’appui budgétaire vient soutenir l’objectif de l’Etat de doubler le revenu par habitant et ramener le taux de pauvreté de 39,5% actuellement à 20% d’ici 2030. Selon les données de la banque mondiale, le PIB par habitant en Côte d’Ivoire est de 1,23 millions de FCFA. Des chiffres que l’Etat ambitionne de doubler les années à venir.
ANNASS SIKA

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