Kouto/Anacarde : l’État renforce la sensibilisation des producteurs pour une campagne 2026 réussie

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Kouto, au nord de la Côte d’Ivoire. Sous les anacardiers alourdis par les premières récoltes, un mot revient dans toutes les conversations : qualité. Au 4 éme jour de la campagne 2026, la petite localité située à 19 kilomètres de Boundiali s’est transformée en laboratoire grandeur nature. L’État, à travers le Conseil du Coton, de l’Anacarde et du Karité, ne veut plus seulement produire plus. Il veut produire mieux.

Le vendredi 20 février 2026, producteurs, acheteurs et techniciens se sont réunis pour une étape stratégique de la tournée nationale de sensibilisation. L’objectif est de faire de la qualité la clé de la compétitivité ivoirienne sur le marché international.

« Une noix qui reste trop longtemps au sol capte l’humidité. Les micro-organismes s’y développent et altèrent la qualité de l’amande », a averti Dr Soro Sibirina, enseignant-chercheur à l’Université Jean Lorougnon Guédé et coordonnateur du programme national de recherche sur l’anacarde.

Ramassage tous les deux à trois jours, séchage sur claies, séparation minutieuse de la pomme et de la noix à la ficelle, tri rigoureux : des gestes simples, mais décisifs. Car du KOR indicateur clé du rendement en amande dépend directement le prix payé au producteur.

Au-delà des pratiques post-récolte, la question de la densité des plantations s’impose comme un défi majeur.

« Nous avons demandé de réduire à 100 pieds par hectare, avec un espacement de 10 mètres sur 10 mètres », explique Soro Klotioloma, coordonnateur national des filières coton, anacarde, Mangue et Foresterie, à l’ANADER.

Des vergers trop denses deviennent de véritables forêts, favorisant maladies et insectes. « Imaginez un kilo de nourriture pour 100 personnes. La compétition est rude », illustre Dr Soro Klotioloma. Les premières parcelles réhabilitées ont vu leur production doubler, avec une nette amélioration de la qualité.

À Kouto, Souleymane Koné, producteur membre de l’OIA témoigne : « Après la réhabilitation de ma parcelle, la différence était visible. Cette année, nous avons atteint trois tonnes. Ceux qui hésitaient viennent maintenant nous demander d’intervenir dans leurs champs. »

Des producteurs de plus en plus réceptifs. En quatre localités visitées, près de 800 producteurs ont été sensibilisés. « L’objectif de formation est atteint, mais le véritable défi commence maintenant : l’application sur le terrain », insiste Dr Soro Kolotioloma.

Koné Fantamé Marcel, représentant OIA à Kouto, se veut lucide : « Il ne suffit pas d’écouter, il faut mettre en pratique. Quand un champ est bien entretenu, cela se voit immédiatement. »

Recommandations pour la clôture de la tournée

Pour consolider les acquis, plusieurs recommandations émergent : Mettre en place des parcelles pilotes visibles dans chaque sous-préfecture afin de démontrer concrètement les gains en rendement et en qualité ; Renforcer le suivi de proximité après la sensibilisation, avec des visites régulières des encadreurs ;
Tester et vulgariser les solutions biologiques issues de la recherche pour limiter l’usage des pesticides ; Instituer un contrôle qualité communautaire avant la mise en marché, en mesurant systématiquement le KOR.

Au soir de cette première phase de la tournée nationale, le constat est sans équivoque : de Sohouo, en passant par Boron, de Ganaoni, jusqu’à Kouto et dans les localités environnantes, plus de 2000 producteurs ont été sensibilisés, formés et interpellés sur leur responsabilité dans la chaîne de valeur. Au-delà des chiffres, c’est une nouvelle conscience qui semble éclore sous les anacardiers du Nord. Les messages sont passés, les démonstrations ont convaincu, les engagements ont été pris.

Reste désormais l’épreuve décisive du terrain. Car si la qualité s’enseigne, elle se construit surtout dans les gestes quotidiens : un ramassage régulier, un séchage maîtrisé, un verger bien aéré. C’est là, dans le silence des plantations, que se jouera la crédibilité de la campagne 2026.

Au Nord de la Côte d’Ivoire Zone de forte production de l’anacade, la dynamique est enclenchée. Et pour le premier producteur mondial de noix brute, cette mobilisation pourrait bien marquer le début d’un tournant historique : passer de la quantité conquise à la qualité assumée.

La bataille de la qualité ne se gagne pas en réunion, mais dans les vergers. Et pour le premier producteur mondial de noix brute, l’enjeu est de conquérir aussi le leadership de la qualité.

Josué Koffi

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