Le 1er septembre 2026, le général d’armée sénégalais Birame Diop a pris officiellement fonction à la tête de la Commission de la CEDEAO, à Abuja, succédant au Gambien Omar Alieu Touray pour un mandat de quatre ans. Désigné lors du 69ᵉ sommet ordinaire de l’organisation à Freetown, cet ancien ministre des Forces armées du Sénégal devra notamment gérer le dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel, la lutte contre le terrorisme et la relance du projet de monnaie unique « Éco ». Dans une interview dédiée aux quotidiens ivoiriens, le professeur PRAO Yao Séraphin, parle de la commission, les forces et faiblesses du nouveau président, les enjeux sécuritaires en zone CEDEAO et la nécessité de renforcer les mécanismes de coopération entre les Etats et la nécessité de fluidifier la libre circulation des biens et des personnes comme un levier de développement des échanges en zone CEDEAO

Quelles sont les missions du Président de la Commission de la CEDEAO?
Le Président de la Commission de la CEDEAO est le chef de l’exécutif de la communauté et de ses institutions. Rappelons que le chef de l’exécutif de la Commission de la CEDEAO a d’abord porté le titre de Secrétaire exécutif de 1977 à 2006, avant de devenir Président de la Commission lors de la réforme de 2007. Le général Birame Diop est le 13e Président de la Commission. Pour revenir à votre question, le rôle et attributions principales de la commission de la CEDEAO sont les suivants : l’exécution des décisions, la coordination régionale, la diplomatie et représentation, et la recherche de la sécurité et la stabilité. Pour l’exécution des décisions, le Président de la Commission met en œuvre les politiques et les décisions adoptées par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement. Pour la coordination régionale, il pilote l’administration de la Commission basée à Abuja et coordonne les programmes d’intégration économique, énergétique, agricole et d’infrastructures. Pour ce qui est de la diplomatie et représentation, il représente l’organisation auprès des partenaires internationaux (Union africaine, Nations unies, Union européenne) et conduit les négociations financières et de coopération. Concernant la sécurité et la stabilité, il gère les efforts de consolidation de la paix, de lutte contre le terrorisme et le maintien du dialogue régional.
Quelles sont les forces et les faiblesses du nouveau Président de la Commission de la CEDEAO?
Pour ce mandat, la feuille de route est claire mais ambitieuse : resserrer les rangs des pays membres, renforcer la réponse sécuritaire et dynamiser l’intégration économique ainsi que la libre circulation, le tout au cœur d’une Afrique de l’Ouest en pleine recomposition.
Le général sénégalais Birame Diop a un profil atypique de haut gradé militaire qui est un atout majeur, mais également des faiblesses.
Concernant les forces du général Birame Diop, notons qu’il a une expertise pointue en sécurité et gestion des conflits. En effet, il est un ancien chef d’état-major général des armées sénégalaises et ministre des Forces armées. Il est un spécialiste reconnu des questions de défense. La CEDEAO peut donc compter sur lui pour contrer l’expansion du terrorisme djihadiste au Sahel.
En outre, il a puissant réseau international car il a exercé comme conseiller militaire principal du Secrétaire général des Nations unies (ONU) de 2021 à 2024 au sein du département des opérations de paix. Cette crédibilité internationale facilitera sans doute les synergies avec l’ONU et l’Union africaine. Mieux encore, les décisions prises trouveront une exécution rapide car pour la première fois, le président de la Commission et le président en exercice de la Conférence des chefs d’État, président Bassirou Diomaye Faye, sont de la même nationalité. Par-dessus-tout, il est très diplomate.
En effet, porté par la diplomatie sénégalaise réputée pour sa recherche de consensus, le général Diop incarne une rupture avec la « ligne dure ». D’ailleurs, dès son investiture, il a plaidé pour « l’unité, la solidarité et le respect mutuel ».
Concernant les faiblesses et limites du mandat, le général Birame Diop manque d’expérience économique. Or, la CEDEAO reste fondamentalement une communauté économique régionale. En tant que pur profil militaire et sécuritaire, il pourrait manquer d’agilité sur les dossiers techniques complexes comme l’intégration commerciale, la monnaie unique (Eco) ou les politiques agricoles communales. En outre, il persiste l’obstacle géopolitique de l’AES (Alliance des États du Sahel). En effet, le retrait officiel du Mali, du Burkina Faso et du Niger (devenu effectif) prive l’institution de 3 de ses membres. Bien qu’il appelle au rapprochement, le fossé idéologique et les alliances de ces pays avec la Russie rendent la réintégration très incertaine.
Il faut également éviter le piège de la « Sénégalisation » de l’institution. En effet, le fait que le Sénégal détienne simultanément la direction politique (Diomaye Faye) et la direction exécutive (Birame Diop) pourrait susciter des frustrations ou des suspicions de favoritisme de la part d’autres poids lourds de la région, comme le Nigeria ou la Côte d’Ivoire.
Bien plus, la lourdeur structurelle de la Commission pourrait être un handicap à son mandat. En tant que président de la Commission, ses pouvoirs restent soumis au bon vouloir et aux arbitrages de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO. Son autorité sera limitée si les présidents de la région ne s’accordent pas sur des compromis politiques profonds.
Quels sont les enjeux sécuritaires en zone CEDEAO?
Les enjeux sécuritaires dans la zone de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) couvrent plusieurs menaces et défis majeurs. En premier lieu, la menace terroriste et les violences asymétriques. L’action de mouvements radicaux (comme Boko Haram, Al-Qaïda au Maghreb islamique et l’État islamique au Grand Sahara) déstabilise durablement une grande partie de la région, en particulier le Sahel et les zones frontalières. Aujourd’hui, l’expansion des groupes armés terroristes depuis le Sahel menace les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest. En second lieu, la criminalité transnationale et les défis structurels. La porosité des frontières favorise le trafic de drogue, la prolifération des armes légères et la criminalité organisée transfrontalière. Les trafics illégaux d’armes, de drogue et d’êtres humains financent l’insécurité. En effet, la pauvreté, le sous-développement et les chocs climatiques exacerbent les tensions et offrent un terrain propice au recrutement par les groupes armés. En troisième lieu, l’instabilité politique et la gouvernance. Les changements anticonstitutionnels de gouvernement et les crises politiques à répétition affaiblissent l’État de droit et la solidité des institutions démocratiques. Du coup, on assiste à une fragmentation régionale. Bien plus, l’annonce du retrait de pays membres (comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso), le 29 janvier 2025, complique la coopération militaire et politique et réduit les capacités opérationnelles communes de l’organisation. En quatrième lieu, trouver l’équilibre sécuritaire et la circulation des biens et des personnes. La région doit concilier les mesures de sécurité renforcées avec le principe fondamental de la libre circulation des biens et des personnes entre les États membres.
Que faire face à ces enjeux sécuritaires ?
Premièrement, il est nécessaire de renforcer les mécanismes de coopération entre les Etats. Pour ce faire, il faut un partage du renseignement. Les pays de la région doivent partager rapidement les données sur les mouvements suspects. Cela doit se consolider par la coopération transfrontalière afin de traquer les groupes armés par-delà les frontières nationales. Il est également urgent de former les forces de sécurité. Les pays pourront compter sur l’Académie Internationale de Lutte contre le Terrorisme (AILCT) qui est un centre d’excellence régional de formation et de recherche situé à Jacqueville, à environ 65 kilomètres d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Issue d’une initiative conjointe de la Côte d’Ivoire et de la France lancée en 2017 et inaugurée le 10 juin 2021, l’académie forme les décideurs et responsables (magistrats, enquêteurs, administrateurs) à la gestion de crise et à la coordination interministérielle. Elle est aussi dédiée à l’entraînement des unités spéciales (forces spéciales, GIGN, RAID) pour des interventions ciblées. Deuxièmement, privilégier des réponses régionales et une opérationnalisation des initiatives. La CEDEAO doit surmonter les divisions politiques et les manques de financement en activant des initiatives concrètes, telles que la mise en place d’une force en attente dédiée à la sécurité régionale. Après des ambitions initiales plus élevées (plusieurs milliers ou projets de grande envergure), les chefs d’état-major de l’organisation ont opté pour un premier contingent opérationnel de 2 000 soldats stationnés dans leurs pays respectifs afin de maîtriser les coûts et la logistique. De même, le système d’observation ECOWARN et les centres de coordination renforcent l’analyse factuelle et le partage de renseignements entre États membres. Cette centralisation des données permet une optimisation et une efficacité dans le traitement de l’information.
Troisièmement, mettre un accent particulier sur les actions Militaires et opérationnelles. Dans ce sens, il est possible de mettre en place des forces mixtes le long des zones sensibles. C’est une façon de mutualiser les équipements et les logistiques entre les États voisins. Un bon exemple est l’Initiative d’Accra, un mécanisme de coopération régionale lancé en septembre 2017 pour contrer la propagation du terrorisme et de l’extrémisme violent en provenance du Sahel vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Les membres fondateurs sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo. Après le Mali et le Niger y ont d’abord participé comme observateurs, avant que d’autres pays comme le Nigeria ne s’y associent également.
Quatrièmement, il faut accentuer la lutte contre la circulation des flux illicites. En effet, la lutte contre le financement du terrorisme au sein de l’espace CEDEAO repose sur l’asphyxie financière des groupes armés en bloquant leurs sources de revenus légitimes et illégitimes. Il s’agit de couper les sources d’argent et les trafics illicites qui financent les terroristes. Pour ce faire, la CEDEAO pourra compter sur le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), l’institution de la CEDEAO dédiée à cette lutte. Il veille à l’application des recommandations du GAFI (Groupe d’action financière) par les États membres. Il réalise également des audits mutuels pour identifier les failles des systèmes financiers nationaux. De même, il faudra contenir l’économie criminelle. En effet, les mines d’or artisanales, le trafic de drogue et d’armes, les rackets et extorsions et les enlèvements contre rançon, sont des sources de financement du terrorisme. En outre, il faut également la surveillance des flux financiers alternatifs. Par exemple, le système Hawala permet la régulation des circuits de transfert de fonds informels et traditionnels, très utilisés pour déplacer l’argent hors du système bancaire. Il faut aussi une traçabilité accrue des paiements par téléphone mobile, désormais soumis à des plafonds et à des vérifications d’identité strictes (principe KYC – Know Your Customer). Il ne faudra pas également négliger les transactions en cryptomonnaies utilisées pour contourner les circuits d’Afrique de l’Ouest. Les Cellules de Renseignement Financier (CRF) nationales doivent coopérer pour geler immédiatement les avoirs des entités suspectes.
Cinquièmement, privilégier la prévention et le développement socio-économique. Les jeunes sans travail n’ont aucun avenir et les groupes terroristes leur donnent de l’argent pour les attirer.
En outre, sans éducation, il est plus facile de manipuler les esprits avec de fausses promesses religieuses ou politiques. La misère crée une colère profonde. Cette colère pousse certaines personnes à accepter la violence. Il faut donc créer des activités économiques pour les jeunes afin d’éviter les recrutements par les groupes extrémistes.
Sixièmement, privilégier le dialogue local permettant de renforcer la confiance entre les civils et les forces de défense.
Quel est l’état des lieux des échanges intrarégional au sein des la CEDEAO?
Les échanges officiels entre les pays membres stagnent historiquement et représentent entre 10 % et 15 % du commerce total de la région (moins de 20 % selon les critères les plus larges). À titre de comparaison, le commerce intra-européen dépasse les 60 %. À l’échelle globale de la CEDEAO, les exportations formelles restent dominées par le géant nigérian et la Côte d’Ivoire.
Quels sont donc les freins majeurs à l’intégration commerciale ?
En principe, le Schéma de Libéralisation des Échanges de la CEDEAO (SLEC ou SLE) est un outil qui vise à la mise en place effective de la zone de libre-échange. Le mécanisme du SLEC assure la libre circulation des marchandises originaires de la CEDEAO sans le paiement des droits de douanes et des taxes d’effet équivalant à l’importation dans l’espace CEDEAO (cette exonération n’inclut pas la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) et les droits d’accise s’ils sont en vigueur dans un des États membres). Mais, malgré la mise en place du Schéma de Libéralisation des Échanges de la CEDEAO (SLEC), plusieurs obstacles ralentissent l’intégration. En premier lieu, les barrières non tarifaires (BNT). Les contrôles douaniers abusifs, les tracasseries administratives aux frontières et le manque de personnel qualifié sur les corridors commerciaux pénalisent lourdement les transactions. En second lieu, des coûts logistiques élevés car selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les coûts du commerce intra-africain sont 20 % plus élevés qu’avec les partenaires extérieurs au continent. Le manque d’infrastructures routières fluides et modernes alourdit les délais. En troisième lieu, le déficit de financement car les PME ouest-africaines subissent un taux de refus d’environ 25 % pour leurs demandes de crédits ou de financements commerciaux. En quatrième lieu, le contexte géopolitique (2025-2026) : L’instabilité sécuritaire et l’annonce du retrait officiel du Burkina Faso, du Mali et du Niger au profit de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont créé des incertitudes sur la libre circulation des biens à l’échelle globale de la région. En cinquième lieu, le déficit de complémentarité productive. Les structures économiques sont similaires car la majorité des États membres possèdent des économies basées sur l’exportation de produits de base non transformés (café, cacao, coton, minerais). In note une absence de chaînes de valeur régionales. En effet, le manque d’industries de transformation empêche la création de composants intermédiaires s’échangeant d’un pays à l’autre. En plus, les pays voisins se positionnent comme concurrents sur les marchés internationaux plutôt que comme partenaires commerciaux complémentaires. En définitive, la concentration du PIB industriel pose problème. Plus de 90 % du PIB de la zone est concentré entre le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, créant un déséquilibre d’offre industrielle.
Pouvez-vous nous donner les coûts liés à la corruption sur les routes ?
D’abord, les coûts macroéconomiques globaux. Le coût estimé global lié aux inefficacités et aux barrières non tarifaires (dont le racket routier fait partie intégrante) en Afrique de l’Ouest est de 10 milliards USD perdus par an. Les barrières non tarifaires et les pots-de-vin représentent environ un tiers des coûts totaux (30 % des coûts du commerce) liés au commerce international dans la région. Les pertes fiscales sont colossales pour les États. À titre d’exemple national, l’État ivoirien perdait à lui seul environ 400 milliards de FCFA par an en recettes fiscales et douanières à cause du racket routier. Au total, les tracasseries et les paiements informels sur les grands axes routiers entraînent des pertes évaluées à environ 2 % du PIB de la sous-région.
Ensuite, les coûts directs par corridor sont très élevés. Les pots-de-vin et « faux frais » exigés aux points de contrôle plombent directement la compétitivité des transporteurs. Par exemple, sur le corridor Abidjan – Lagos, les transporteurs accumulent jusqu’à 1 500 000 FCFA (environ 2 300 USD) de prélèvements illicites et de faux frais sur l’ensemble de ce trajet inter-États. Sur le corridor Lomé – Ouagadougou (Togo), les prélèvements illégaux aux 100 km s’élevaient en moyenne à 379 USD, impactant fortement le transport des marchandises agricoles. Selon les données de la CENOZO et d’autres rapports sectoriels, les camions de marchandises (de 5 à 35 tonnes) doivent débourser entre 40 000 et 80 000 FCFA de pots-de-vin sur un simple trajet intérieur d’environ 300 km. Au niveau des postes douaniers majeurs, le racket par bus de passagers peut atteindre 50 000 FCFA.
Enfin, les impacts logistiques et commerciaux sont nombreux. Les délais de livraison sont rallongés. Les arrêts répétés aux postes de contrôle illégaux entraînent des retards massifs de 25 à 30 heures par trajet. Cela entraine une hausse des coûts logistiques car les retards couplés aux paiements illicites font grimper les coûts logistiques globaux jusqu’à 40 %. En définitive, les prix augmentent dans la zone car les transporteurs répercutent systématiquement le coût de la corruption sur le prix final des marchandises (produits vivriers, intrants), ce qui pénalise directement le pouvoir d’achat des populations locales.
Quelles sont les causes majeures des coûts logistiques élevés en zone CEDEAO?
La libre circulation en Afrique de l’Ouest n’est pas synonyme d’un espace sans frontières (contrairement à l’espace Schengen). Les transporteurs et les commerçants font face à de lourdes barrières structurelles. On a la multiplication des contrôles et tracasseries routières. En effet, les corridors routiers sont saturés de postes de contrôle (douane, police, gendarmerie, eaux et forêts). Les prélèvements informels et la corruption aux barrières augmentent artificiellement le coût du transport. On a aussi le déficit d’infrastructures physiques car le réseau routier est souvent déficient ou mal entretenu. Le réseau ferroviaire reste quant à lui globalement vétuste et déconnecté, empêchant le transport de masse à bas coût. En plus, les délais de transit excessifs car l’acheminement des marchandises sur les grands corridors peut prendre de plusieurs jours à plusieurs semaines en raison des lenteurs administratives aux frontières, ce qui détruit la valeur des produits périssables. Nous avons également la complexité et manque d’harmonisation : Le manque de formation des agents frontaliers et la méconnaissance des textes de la CEDEAO par les opérateurs économiques conduisent à l’application abusive de taxes sur des produits pourtant exonérés.
Quelles sont les solutions pour réussir l’intensification du commerce intrarégional en zone CEDEAO ?
La libre circulation des personnes et des biens est le moteur principal du commerce et de l’intégration économique dans l’espace de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour ce faire, engager les actions concrètes. On a la digitalisation et interconnexion des douanes. Sur ce point, il faut renforcer l’automatisation des procédures transfrontalières pour limiter l’intervention humaine et réduire les opportunités de corruption. On a aussi le développement des grands corridors autoroutiers comme le grand projet d’autoroute reliant Abidjan à Lagos pour fluidifier le transport côtier. Il faudra également une application stricte des lois en sanctionnant les pays ou les agents qui violent les accords communautaires. Il faudra aussi simplifier

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