Dans une ferveur militante portée par des chants syndicaux et des pancartes revendicatives, la Bibliothèque du Plateau a servi de caisse de résonance, ce 1er mai 2026, aux aspirations de milliers de travailleurs ivoiriens, venus célébrer la Fête du Travail tout en rappelant, d’une seule voix, l’urgence d’accélérer les réformes sociales en Côte d’Ivoire.

À l’occasion de la Fête du Travail, la Centrale Humanisme a mobilisé ses troupes pour une célébration à la fois festive et revendicative, marquée par une forte affluence et des prises de parole engagées en faveur de meilleures conditions de vie des travailleurs ivoiriens.
Une mobilisation d’envergure et des acquis reconnus

Dès les premières heures de la matinée, militants et sympathisants ont convergé en grand nombre vers le site du rassemblement. À la tribune, le Secrétaire général, Soro Mamadou, a salué cette mobilisation exceptionnelle :
« Plus de 2 400 adhérents ont répondu à l’appel ici, et des dizaines de milliers de travailleurs sont mobilisés à travers nos 32 sections à l’intérieur du pays. »

Dans une allocution ferme et structurée, il a mis en lumière les avancées obtenues grâce au dialogue social tripartite entre l’État, le patronat et les syndicats. Parmi celles-ci, la ratification de plusieurs conventions internationales du travail, notamment celles relatives à la politique de l’emploi, à la sécurité dans les mines, au travail dans la pêche et au travail domestique.

Autant de progrès qui, selon lui, « renforcent les bases d’un travail décent et contribuent à structurer durablement notre économie ».
Des progrès sociaux, mais des attentes persistantes

Au-delà du cadre juridique, la Centrale Humanisme s’est félicitée des améliorations enregistrées sur le plan social. Revalorisation de certaines prestations, amélioration des pensions et mise en œuvre du régime social des travailleurs indépendants ont été saluées comme des pas importants vers une meilleure inclusion sociale.
Cependant, le ton s’est voulu plus ferme lorsqu’il s’est agi d’évoquer les défis persistants. Le secrétaire général a ainsi formulé plusieurs revendications prioritaires : opérationnalisation effective de l’organisme tripartite de gestion du travail, révision de certaines dispositions législatives jugées restrictives, sécurisation des emplois précaires, notamment dans le secteur du nettoyage urbain, et création d’une « Maison du travailleur ».

« Plus le pouvoir d’achat des travailleurs s’améliore, mieux se porte l’économie nationale », a-t-il insisté, appelant à une accélération des réformes.
Le gouvernement rassure et appelle à la responsabilité collective
Représentant le ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, la conseillère technique Bony Isabelle a tenu à exprimer la reconnaissance du gouvernement envers les travailleurs.
« Le 1er mai est bien plus qu’une célébration. Il incarne notre reconnaissance envers celles et ceux qui contribuent chaque jour à l’édification de la nation », a-t-elle déclaré.

Au nom du ministre Adama Camara, elle a réaffirmé la volonté des autorités de consolider les acquis sociaux, tout en poursuivant les réformes engagées, notamment l’élargissement de la couverture sociale et le renforcement de la Couverture Maladie Universelle.
Vers une paix sociale durable

Dans un contexte de mutation du monde du travail, syndicats et gouvernement ont convergé sur un point essentiel : la nécessité de préserver un climat de paix sociale. Condition sine qua non pour garantir l’attractivité économique et la stabilité du pays.
Cette édition 2026 de la Fête du Travail aura ainsi permis de dresser un bilan lucide des avancées, tout en traçant les contours d’un dialogue social renouvelé, au service d’une Côte d’Ivoire plus équitable et inclusive.
Josué Koffi

Average Rating