À la veille d’un scrutin présidentiel jugé décisif pour l’avenir du pays, la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire (CECCI) a lancé ce vendredi 24 octobre 2025, un vibrant appel à l’apaisement, à la prière et à la responsabilité collective. Dans un communiqué rendu public, les prélats se sont exprimés avec gravité sur le climat sociopolitique tendu qui précède le vote du samedi 25 octobre.

Les évêques n’ont pas mâché leurs mots. « Le feu est allumé, le brasier est fumant. Jusqu’à quand cela va-t-il durer ? », s’interrogent-ils, exprimant leur profonde inquiétude face à la montée des tensions observées dans plusieurs localités du pays.
Tout en présentant leurs condoléances aux familles éplorées et leur compassion aux blessés et aux prisonniers, ils invitent les acteurs politiques à faire preuve de mesure et de responsabilité.
« Nous en appelons à la conscience de tous. La Côte d’Ivoire ne doit plus revivre les heures sombres du passé », souligne le communiqué, rappelant les tragédies post-électorales de 2010 et les violences isolées survenues ces dernières semaines.
Ce n’est pas la première fois que l’Église sonne l’alarme. Depuis janvier, la CECCI multiplie les prises de position en faveur d’un processus électoral inclusif et apaisé.
Les évêques se réfèrent à leur 126ᵉ Assemblée plénière de Bondoukou, où ils invitaient déjà le pouvoir et l’opposition à poser « des actes forts pour sauver la nation ivoirienne ».
En mars, ils ont plaidé pour « une élection juste, transparente, inclusive et apaisée », avant de publier en juillet une lettre pastorale axée sur la même exigence morale et citoyenne.

« Combattons avec les armes de la prière et du jeûne »
Dans leur dernier message, les prélats appellent les fidèles et l’ensemble des citoyens à s’unir dans la prière pour conjurer la peur et l’incertitude.
« Écoutez la voix du Seigneur. Ensemble crions vers lui avec insistance. Combattons avec les armes de la prière et du jeûne », exhortent-ils, tout en invitant à réciter la prière pour la paix en Côte d’Ivoire dans chaque paroisse et foyer du pays.
Au-delà du religieux, le message des évêques se veut un appel à la cohésion nationale. Ils implorent Dieu de « préserver la Côte d’Ivoire de tout malheur et de la garder dans sa paix », dans un contexte où la société ivoirienne aspire à la stabilité.
À la veille du scrutin, leur voix résonne comme un rappel à la conscience collective : la paix reste le plus grand des votes à déposer dans l’urne.
Josué Koffi

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