Au sommet de la Tour B, une réunion stratégique pour sauver l’excellence scientifique ivoirienne.

Au 14ᵉ étage de la Tour B, ce lundi 16 février 2026, l’atmosphère était studieuse et résolument tournée vers l’avenir. Face à face, deux piliers du système éducatif ivoirien : le Professeur , Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, et Monsieur , Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement Technique. Au cœur de leurs échanges : le déficit criant d’enseignants en Mathématiques et en Physique-Chimie dans les collèges et lycées de Côte d’Ivoire.

Un enjeu crucial pour l’avenir scientifique du pays.
Un manque structurel aux lourdes conséquences
Dans de nombreux établissements secondaires, l’absence ou l’insuffisance d’enseignants qualifiés en disciplines scientifiques fragilise la qualité des apprentissages. Résultat : des classes surchargées, des heures non assurées et des élèves insuffisamment préparés aux filières scientifiques du supérieur.

« Nous ne pouvons prétendre bâtir une économie compétitive sans une base scientifique solide », a confié une source proche du dossier. Car au-delà des salles de classe, c’est la formation des futurs ingénieurs, chercheurs et techniciens qui est en jeu.
Les deux ministres ont ainsi passé en revue les causes structurelles de cette pénurie : formation initiale insuffisante, attractivité limitée de certaines filières, départs vers d’autres secteurs plus rémunérateurs.
Une task force pour des solutions concertées
À l’issue de la rencontre, une décision forte a été prise : la mise en place d’une équipe conjointe de réflexion regroupant les deux départements ministériels. L’Objectif est d’élaborer un document consensuel intégrant des stratégies concrètes en matière de formation, de recrutement et d’optimisation des ressources humaines existantes.
« Il s’agit d’apporter une réponse coordonnée et durable. Nous devons agir ensemble, avec méthode et détermination », aurait souligné le Professeur Adama Diawara au terme des discussions.

Cette task force devra proposer des mécanismes innovants capables de répondre à l’urgence tout en inscrivant l’action gouvernementale dans le long terme.
L’expérience au service de la réforme
Le ministre de l’Enseignement Supérieur n’en est pas à son premier chantier en la matière. En 2012, à la demande du Président de la République et de feu , alors Ministre d’État, Secrétaire Général de la Présidence, il avait piloté un projet similaire en qualité de Conseiller Éducation-Formation-Recherche du Chef de l’État. Cette initiative, financée par le , visait déjà à combler les besoins pressants du système éducatif.

Aujourd’hui, cette nouvelle dynamique interministérielle traduit une volonté affirmée : renforcer le capital humain pour soutenir la compétitivité nationale.

Au-delà des chiffres et des diagnostics, c’est bien l’avenir scientifique de la Côte d’Ivoire qui se joue. En conjuguant leurs efforts, les deux ministres posent les jalons d’une école plus performante, plus équitable et résolument tournée vers l’excellence.
Josué Koffi

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