Daoukro: Abidjan Legacy Program et la CEDEAO lancent la riposte contre l’orpaillage illégal

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Sous un ciel chargé d’espoir, autorités administratives, chefs coutumiers et partenaires techniques se sont réunis le vendredi 27 février 2026, pour un moment décisif dans la lutte contre l’orpaillage illégal. Dans cette cité du centre ivoirien, le Gouvernement, à travers Abidjan Legacy Program (ALP), a officiellement lancé les activités de cartographie et de réhabilitation des terres dégradées, en présence du Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, M. Abou Bamba. Une initiative forte, à la hauteur d’un défi national devenu critique.

Dans son allocution, le Ministre Abou Bamba n’a pas éludé la gravité de la situation. « L’orpaillage illégal constitue aujourd’hui l’un des défis les plus préoccupants pour notre gouvernance environnementale et territoriale », a-t-il affirmé avec fermeté.

Alimenté par la précarité socio-économique d’une frange de la jeunesse, le phénomène s’est étendu à plusieurs régions, laissant derrière lui forêts dévastées, terres agricoles stériles, cours d’eau pollués et biodiversité menacée. À cela s’ajoutent des pertes économiques estimées à plusieurs centaines de milliards de FCFA et des risques sanitaires liés à l’utilisation de substances chimiques.

Face à ce constat, le Gouvernement entend restaurer l’autorité de l’État, protéger les ressources naturelles et proposer des alternatives économiques durables.

Le lancement dans la ville de Daoukro marque le démarrage effectif des travaux techniques de cartographie des sites dégradés. Cette étape permettra d’identifier précisément l’ampleur des dégâts, de hiérarchiser les zones prioritaires et de définir des stratégies de réhabilitation adaptées.

Selon Mme Binta Touré, coordonnatrice de l’ALP, « il s’agit de transformer les cicatrices laissées par l’orpaillage en opportunités de résilience et de prospérité durable ». Soutenu financièrement par la CEDEAO, le programme ambitionne de promouvoir la restauration forestière, d’améliorer la productivité agricole et de renforcer la transformation locale des chaînes de valeur, notamment au bénéfice des jeunes et des femmes.

Pour les autorités locales, cette démarche représente une lueur d’espoir pour des territoires durement éprouvés.

À la suite de la cérémonie, un atelier d’échanges a réuni les ministères techniques (Mines, Environnement, Eaux et Forêts, Agriculture), les collectivités territoriales, la société civile, ainsi que des partenaires comme l’ONG Agir pour l’Environnement dans les Industries Extractives (AEIE).

L’Objectif de cette rencontre est d’analyser les réalités du terrain, renforcer les mécanismes institutionnels existants et examiner l’opportunité de créer une plateforme nationale de réflexion multi-acteurs. Les discussions ont permis d’identifier les facteurs de persistance du phénomène et les attentes des communautés impactées.

Au terme des travaux, les participants ont salué l’initiative et formulé des recommandations préliminaires. Parmi les livrables attendus figurent un rapport de synthèse, une note d’analyse stratégique et une esquisse conceptuelle pour une future plateforme nationale de dialogue.

À Daoukro, une nouvelle page s’ouvre dans la gestion des ressources naturelles. Abidjan Legacy Program entend désormais transformer un défi environnemental majeur en levier de stabilité, de résilience et de prospérité partagée pour la Côte d’Ivoire.

Josué Koffi

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