Culture/Art: l’exposition Cimarron célèbre le marronnage et l’identité culturelle

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La Bibliothèque Nationale d’Abidjan a permis au public de découvrir ce samedi 4 avril 2026, une exposition inédite intitulée « Cimarron », fruit d’une collaboration entre le Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire et le Fonds de Dotation de la Guadeloupe. Cet événement, initié par Franck Desfontaines, met en lumière une réflexion artistique profonde autour de l’histoire, de la résistance et de l’identité.

Au cœur de cette exposition se trouvent les œuvres de Eddo, auteur de onze tableaux présentés au public. À travers un flux vidéo, l’artiste a partagé la portée symbolique de ses créations. Pour lui, « Cimarron » est avant tout une célébration du marronnage : ce phénomène historique où des esclaves en fuite quittaient les plantations pour reconstruire une vie libre, souvent en harmonie avec la nature.

L’artiste propose une lecture contemporaine de ce concept. Marronner aujourd’hui, selon lui, consiste à se libérer des schémas de pensée imposés, à développer une conscience autonome et à inventer de nouvelles manières d’exister. Ses œuvres traduisent ce cheminement : quitter un système oppressif, survivre face aux obstacles, puis atteindre une forme de fusion avec la nature, symbole d’émancipation et de renaissance.

Promouvoir une mémoire de résistance

Prenant également la parole, Franck Desfontaines a rappelé la mission du Fonds de Dotation de la Guadeloupe : valoriser les artistes qui explorent les thématiques identitaires et culturelles, notamment celles liées à l’héritage africain. L’exposition « Cimarron » s’inscrit pleinement dans cette démarche.

Le projet repose aussi sur une dimension collaborative, intégrant d’autres créateurs comme Jimasta pour la production vidéo et des contributions autour du numérique. Une initiative innovante a également été évoquée : la création d’un « muséane », un musée virtuel dédié à l’histoire de l’esclavage, visant à combler un manque dans la représentation de cette mémoire à l’échelle mondiale.

La nature comme symbole de liberté

Les tableaux exposés mettent en avant une présence marquée de la nature, avec des paysages luxuriants inspirés des Caraïbes. Ce choix esthétique n’est pas anodin : il rappelle le rôle crucial de l’environnement dans la résistance des esclaves marrons. Forêts, rivières et montagnes ont constitué des refuges et des espaces de liberté, permettant à ces hommes et femmes de reconstruire leur existence en marge du système colonial.

L’exposition invite ainsi à revisiter l’histoire sous un angle souvent négligé : celui de la résistance. Comme l’a souligné le président du FDG, les récits traditionnels tendent à présenter les Africains déportés comme passifs, occultant leur capacité de lutte et de résilience.

Une rencontre culturelle marquante

L’événement a rassemblé plusieurs personnalités du monde culturel, dont Tagro Gnoleba Francis Directeur du Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire et Dominique Louisor Tako,Présidente de l’Association des Antillais et Guyanais de Côte d’Ivoire, ainsi que de nombreux amateurs d’art plastique.

Ouverte jusqu’au 14 avril 2026, l’exposition « Cimarron » s’impose comme un rendez-vous culturel majeur, offrant au public une immersion à la fois artistique et historique, tout en questionnant les héritages et les formes contemporaines de liberté.

Ibo François

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