Crise du cacao en Côte d’Ivoire : l’ANACACI tire la sonnette d’alarme et réclame des mesures immédiates

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Dans un contexte de fortes turbulences au sein de la filière cacao, l’Association Nationale des Coopératives Agricoles de Côte d’Ivoire (ANACACI) est montée au créneau. Face à la presse nationale et internationale, ce mardi 7 avril 2026 à l’hôtel Rose Blanche, son président, Soro Penatirgue, a dressé un tableau préoccupant de la situation, appelant à une mobilisation urgente pour sauver les coopératives en difficulté.

Une crise aux racines profondes

D’entrée de jeu, le président de l’ANACACI a tenu à saluer les efforts des autorités ivoiriennes, notamment ceux du Président de la République, Alassane Ouattara, du gouvernement et du ministère de l’Agriculture, pour leur soutien aux producteurs.

Mais derrière ces efforts, la crise persiste. Selon l’organisation, elle trouve son origine dans des facteurs à la fois internationaux et nationaux. « Nous faisons face à une surproduction mondiale qui déséquilibre le marché, combinée à une baisse de la consommation de chocolat », a expliqué Soro Penatirgue. À cela s’ajoute l’émergence de nouveaux producteurs comme le Pérou, le Cameroun et la Colombie.

Au plan national, l’ANACACI pointe une augmentation de la production, le report de stocks de la campagne précédente et l’entrée frauduleuse de cacao en provenance de pays voisins, attirés par des prix plus compétitifs en Côte d’Ivoire.

Des coopératives asphyxiées

Les conséquences sont lourdes pour les sociétés coopératives. Entre stocks invendus, paiements non honorés et dettes croissantes, la situation devient critique. « Nos coopératives sont étranglées. Elles n’arrivent plus à faire face à leurs engagements financiers », a déploré le président de l’ANACACI.

La perte de fonds de roulement et la multiplication des contentieux fragilisent davantage ces structures, pourtant essentielles à l’économie agricole ivoirienne.

Une opération étatique controversée

L’ANACACI reconnaît l’initiative de l’État qui, en janvier 2026, a recensé 1 430 coopératives pour un stock de 123 000 tonnes, avec un financement de 291 milliards de FCFA pour l’achat de 100 000 tonnes.

Cependant, sur le terrain, l’organisation dénonce de nombreux dysfonctionnements. « L’opération a souffert d’un manque de transparence et de communication », a affirmé Soro Penatirgue. Des coopératives non recensées auraient écoulé près de 7 000 tonnes, tandis que des pratiques douteuses, telles que l’encaissement de chèques par procuration et des cas de rançonnement, ont été signalées.

Des mesures urgentes pour éviter l’effondrement

Face à cette situation jugée alarmante, l’ANACACI appelle à des actions concrètes. Elle plaide notamment pour le rachat immédiat de 50 000 tonnes supplémentaires afin de soulager les coopératives.

L’organisation annonce également la mise en place d’une cellule de recensement des victimes, le recours à un cabinet d’avocats pour défendre leurs intérêts, ainsi que l’ouverture de numéros verts pour dénoncer les abus.

Un appel à l’unité de la filière

Au-delà des mesures d’urgence, l’ANACACI appelle à une réflexion de fond sur l’avenir du secteur. Elle propose l’organisation des États généraux de la filière café-cacao afin d’identifier des solutions durables.

« Ensemble, nous pouvons surmonter cette crise et bâtir une filière cacao forte et prospère », a conclu Soro Penatirgue, invitant l’ensemble des acteurs à une mobilisation générale.

Josué Koffi

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