Côte d’Ivoire : une caravane pour concilier agriculture, foresterie et exploitation minière

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L’UNEMAF et ses partenaires à l’assaut de l’orpaillage
illégal dans les régions de l’Ifou et de la Mé.

Une mobilisation inédite contre l’orpaillage illégal

Du 14 au 18 avril 2025, les régions de l’Iffou et de la Mé accueilleront une caravane inédite de sensibilisation et de renforcement des capacités, portée par YORO BI Tizié, Président de l’Union des Entreprises du Monde Agricole et Forestier (UNEMAF) et ses partenaires : l’ONG AEIE, la faitière GRAMCI et le 2BFM. C’est l’information qui ressort de la Conférence de presse qui s’est tenue, ce mardi 8 avril 2025, à Cocody/Abidjan.

Cette initiative vise à alerter les populations locales sur les dangers de l’orpaillage illégal, tout en promouvant une cohabitation harmonieuse entre agriculture, foresterie et exploitation minière.

Une action concrète issue de recommandations antérieures

Fruit de trois ateliers organisés entre 2021 et 2023 sur la main-d’œuvre agricole, l’agriculture durable et l’évaluation des pratiques minières, cette caravane est la concrétisation d’une des 39 recommandations issues de ces travaux. Il s’agit désormais de passer de la théorie à la pratique, à travers une série de rencontres de terrain avec les parties prenantes.

« L’orpaillage illégal est une bombe à retardement pour notre agriculture et nos écosystèmes », alerte Yoro Bi Tizié président de l’UNEMAF.
Les dangers de l’abandon de l’agriculture
Dans un contexte de pauvreté persistante en milieu rural, nombreux sont les agriculteurs qui délaissent leurs champs au profit de l’orpaillage artisanal. Une transition risquée qui entraîne l’appauvrissement des sols, la dégradation des ressources en eau, et menace la sécurité alimentaire. Selon l’UNEMAF, il est impératif d’endiguer cette tendance en sensibilisant sur l’importance stratégique de l’agriculture pour le développement durable des communautés.

Des objectifs clairs pour une cohabitation durable

L’objectif principal de cette campagne est de renforcer les capacités des acteurs locaux et de promouvoir des pratiques minières responsables. Parmi les axes spécifiques : la démonstration de modèles intégrés agriculture-exploitation minière, la reconversion des terres post-extraction, et la promotion du dialogue entre autorités, communautés et entreprises minières.
Les conséquences alarmantes de l’exploitation illégale

Dans plusieurs régions, les terres fertiles cèdent place à des sites d’orpaillage anarchiques, avec pour corollaire : appauvrissement des sols, pollution des eaux, insécurité et exode rural. À Daoukro comme à Adzopé, des agriculteurs abandonnent leurs champs pour des gains miniers immédiats, mais risqués.
« J’ai tout perdu après qu’un site minier se soit installé à côté de mon champ. L’eau est devenue rouge et les récoltes, mauvaises », témoigne Kouassi Brou Joseph, planteur de cacao dans la région de l’Ifou.

Des activités participatives et pédagogiques

À Daoukro (Iffou) le 15 avril et à Adzopé (Mé) le 17 avril, près de 100 participants par localité — agents de l’État, leaders communautaires, exploitants et agriculteurs — prendront part à des ateliers pratiques, témoignages, formations et visites de terrain. Une feuille de route régionale sera élaborée pour encadrer les engagements en faveur de la cohabitation des activités.
Sensibiliser, former et agir collectivement
La caravane prévoit des séances de sensibilisation, des ateliers pratiques, des visites de terrain, et surtout l’élaboration de feuilles de route régionales pour chaque localité visitée. À chaque étape, une centaine de participants – autorités, agriculteurs, exploitants miniers, leaders communautaires – sont attendus.
« Notre but n’est pas de diaboliser l’exploitation minière, mais de promouvoir des pratiques responsables qui préservent l’agriculture », souligne Yoro Bi Tizié président de l’UNEMAF.

Un impact attendu à long terme

À l’issue de cette caravane, les initiateurs espèrent un changement de paradigme : prise de conscience collective, adoption de bonnes pratiques environnementales et meilleure collaboration entre acteurs du secteur. L’UNEMAF ambitionne, par cette première, d’enclencher un mouvement national pour une exploitation minière responsable et une agriculture durable.

Une méthodologie participative pour des solutions durables
L’approche se veut inclusive et éducative. Tous les acteurs sont appelés à co-construire des stratégies locales. Un mécanisme de suivi-évaluation sera également mis en place pour mesurer les impacts.
« Cette initiative est une première. Elle doit ouvrir la voie à une gestion concertée des ressources rurales », insisté le Président.
Un pas décisif vers un développement rural intégré

Face à la progression alarmante de l’orpaillage illégal, cette initiative marque un tournant. La Côte d’Ivoire peut et doit relever le défi de préserver ses terres agricoles tout en tirant profit de ses ressources minières, dans le respect de l’environnement et des générations futures.

Vers un futur équilibré entre or et nourriture

Pour l’UNEMAF et ses partenaires, la réussite de cette caravane pourrait poser les bases d’une réconciliation durable entre l’agriculture et la mine artisanale.
« L’avenir de nos campagnes dépendra de notre capacité à faire cohabiter ces deux mondes », a-t-il conclu.

Josué Koffi

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