Côte d’Ivoire : Un entrepreneur ivoirien alerte sur les violences homophobes

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« Même dans ma voiture, je subis des injures »

Se disant victime d’attaques répétées en raison de son homosexualité, un entrepreneur ivoirien de 36 ans, identifié sous les initiales O.K.A., exprime ses craintes pour sa sécurité. Lors d’une interview réalisée le jeudi 20 mars 2025 à Cocody, il a interpellé les autorités sur la nécessité de renforcer la protection des personnes LGBTQ+ en Côte d’Ivoire.

Un climat de peur alimenté par une campagne en ligne

Selon O.K.A., la montée des violences à son encontre serait en partie due à la campagne de dénigrement « Non aux woubis ! », qui a largement circulé sur les réseaux sociaux en août 2024. « J’en souffre énormément. Même quand je passe à bord d’un véhicule et que les gens m’aperçoivent, les injures et autres menaces pleuvent », témoigne-t-il, visiblement éprouvé par cette hostilité.

Loin de se limiter à l’espace numérique, cette vague de rejet s’est traduite par des agressions verbales et physiques dans son propre quartier, malgré son cadre de vie privilégié.

Un appel à un cadre juridique contre les LGBTphobies

O.K.A. plaide pour une législation plus ferme afin de protéger les minorités sexuelles. « À l’instar des grandes nations, la Côte d’Ivoire doit s’armer de véritables outils juridiques pour accentuer la lutte contre les LGBTphobies. (…) Nous sommes tous égaux et chacun devrait être libre de ses orientations sexuelles », défend-il avec conviction.

L’entrepreneur souligne que son orientation ne l’empêche pas de contribuer au développement du pays. « J’ai créé mon entreprise pour participer à l’économie nationale et générer des emplois. Pourquoi ceux qui nous humilient au quotidien ne font-ils pas de même ? Est-ce un crime que d’être LGBTI ? », interroge-t-il.

Un recours légal en attendant des mesures concrètes

Face aux menaces croissantes, O.K.A. affirme avoir engagé un avocat et appelle l’État à prendre des mesures urgentes pour garantir la sécurité des membres de sa communauté. « Nous avons besoin d’une protection effective, pas seulement de discours. La Côte d’Ivoire doit montrer qu’elle ne tolère pas la haine et la discrimination », insiste-t-il.

À l’heure où les débats sur les droits LGBTQ+ restent sensibles en Côte d’Ivoire, le témoignage d’O.K.A. met en lumière les défis quotidiens auxquels cette communauté est confrontée, entre exclusion sociale et insécurité.

M. D

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