Côte d’Ivoire / Ramadan et Carême : une même ferveur pour une nation en prière

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Ce mercredi 18 février 2026, la Côte d’Ivoire s’est éveillée dans un silence particulier. Un silence chargé de spiritualité, où le jeûne musulman et la pénitence chrétienne s’ouvrent presque à l’unisson. Une convergence rare qui donne à ce mois de février une profondeur inédite.

Le croissant lunaire aperçu à Bondoukou

Les regards étaient tournés vers le ciel, mardi soir. À Bondoukou, ville sentinelle de l’est ivoirien, le mince croissant lunaire a été observé, marquant l’entrée dans le mois sacré de Ramadan 1447 de l’Hégire.

Le (COSIM), aux côtés du (CODISS), a confirmé l’information : le jeûne débute ce mercredi 18 février 2026 sur toute l’étendue du territoire national.

« Nous invitons les fidèles à vivre ce mois dans la paix, le partage et la solidarité », ont déclaré les porte-paroles des deux instances, souhaitant un Ramadan béni à toute la communauté musulmane ivoirienne.

Un calendrier mondial aux rythmes pluriels

La décision ivoirienne s’inscrit dans le sillage de l’, qui a également fixé le premier jour du jeûne au 18 février. Même orientation pour la et la .

En revanche, le (CFCM) a opté pour le jeudi 19 février, tout comme le . En Afrique du Nord, l’ et la ont également choisi d’attendre un jour supplémentaire.

Ces divergences illustrent la diversité des méthodes d’observation du croissant lunaire : certains privilégient la vision oculaire, d’autres les calculs astronomiques. Mais au-delà des dates, la finalité demeure la même : la quête de purification et de miséricorde.

Carême et Ramadan : une coïncidence spirituelle rare

Fait exceptionnel cette année, le Mercredi des Cendres marque presque simultanément l’entrée en Carême pour les chrétiens catholiques et orthodoxes.

En , cette convergence est perçue comme un symbole fort du dialogue interreligieux. Terre de brassage confessionnel, le pays voit musulmans et chrétiens partager, chacun à sa manière, un temps de pénitence, de prière et d’introspection.

« C’est un signe d’unité nationale. Quand les croyants prient en même temps pour la paix, la nation ne peut qu’en sortir grandie », confie l’imam El Hadj Ousmane Diakité, appelant à la cohésion sociale.

Du côté chrétien, l’abbé Jean-Baptiste Kouadio souligne : « Le Carême est un chemin de conversion intérieure. Savoir que nos frères musulmans vivent aussi un temps de jeûne renforce l’esprit de fraternité.

Un mois de discipline et de solidarité

Dès l’aube, des millions d’Ivoiriens musulmans observent le jeûne : abstinence de nourriture et de boisson jusqu’au coucher du soleil. Une épreuve physique, certes, mais surtout un exercice spirituel.

Les soirées s’illumineront des prières de Taraweeh, des ruptures de jeûne partagées autour des dattes et du lait, et des élans de générosité envers les plus démunis.

Dans un contexte international marqué par les tensions, les guides religieux ivoiriens appellent à faire de ce mois un temps d’apaisement. « Le Ramadan nous apprend la patience et la retenue. Que chacun soit artisan de paix », ont insisté les autorités islamiques.

Au fond, qu’importe le léger décalage entre pays. En Côte d’Ivoire, l’essentiel est ailleurs : dans la ferveur discrète des matins, dans la patience des longues journées, dans la chaleur des soirées partagées. Là où la foi, au-delà des calendriers, unit les cœurs.

Josué Koffi

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