Côte d’Ivoire/Produits Cosmétiques: 2 639 produits à risque, la CEMC-CI réclame leur identification et leur retrait

Read Time:2 Minute, 51 Second

Le recensement a livré ses premiers chiffres. Reste désormais la question de l’après. En Côte d’Ivoire, la campagne nationale de déclaration des produits cosmétiques a permis d’identifier 11 849 produits auprès de 1 140 opérateurs. Mais pour le Centre d’Éducation Médicale et Citoyenne de Côte d’Ivoire (CEMC-CI), l’essentiel commence maintenant : transformer ces données en mesures concrètes de protection des consommateurs.

Lors d’une restitution organisée le 16 septembre 2026 à l’Institut national de santé publique, l’AIRP aurait classé 2 639 produits dans la catégorie des produits à risque élevé, selon les chiffres rappelés par la CEMC-CI.

Dans le détail, l’ONG cite 1 969 produits éclaircissants, 279 destinés au grossissement fessier, 330 produits avariés ou dangereux, 53 produits destinés au resserrement ou à la détoxification vaginale et huit produits injectables.

Pour l’organisation, ces chiffres imposent désormais une réponse lisible. « L’identification des produits ne doit constituer qu’une première étape », estime en substance la CEMC-CI, qui réclame davantage de transparence sur leur statut.

Première demande : rendre accessible au public une liste officielle des produits classés à risque élevé. L’objectif, selon l’ONG dirigée par Marcellin Doh, est de permettre aux consommateurs de savoir clairement quels produits éviter.

La CEMC-CI souhaite également que les professionnels et les organisations de la société civile puissent disposer d’informations suffisamment précises pour participer à la prévention, à la sensibilisation et à la remontée des alertes.

L’organisation s’interroge par ailleurs sur la portée du recensement, la campagne de déclaration ayant été volontaire. Elle appelle donc à poursuivre les contrôles auprès des opérateurs et sur les produits qui n’auraient pas été déclarés ou autorisés.

Autre interrogation : le statut exact des 2 639 produits classés à risque élevé. La CEMC-CI demande aux autorités de préciser lesquels sont en cours de régularisation, lesquels sont interdits et lesquels ont déjà été retirés du marché.

L’ONG souhaite surtout un suivi régulier des opérations. Elle propose que soient communiqués les nombres de produits notifiés, interdits, saisis, retirés ou détruits, ainsi que les contrôles réalisés après leur retrait pour éviter toute remise en circulation.

La CEMC-CI insiste également sur la nécessité d’une meilleure coordination entre l’AIRP, le ministère du Commerce, les Douanes, la police sanitaire, les forces de sécurité et la justice.

Elle propose la création d’un mécanisme institutionnel de partenariat avec les organisations de la société civile. Celles-ci pourraient contribuer à la sensibilisation des consommateurs et des commerçants, à l’identification des produits suspects et à la remontée des alertes.

L’ONG demande aussi au ministère du Commerce de renforcer les contrôles du marché, notamment dans les circuits de distribution et le commerce informel.

La CEMC-CI indique avoir saisi le Sénat, dans un courrier daté du 14 septembre 2026, afin d’appeler à une réflexion sur le cadre législatif. L’organisation évoque notamment l’articulation entre la loi de 2017 et le décret de 2015, les responsabilités des administrations, les procédures de retrait et de destruction, le contrôle aux frontières et la transparence des données.

Avec 11 849 produits déclarés, 1 140 établissements recensés et 2 639 produits classés à risque élevé, le recensement constitue désormais une importante base de travail. Pour la CEMC-CI, le prochain indicateur ne sera toutefois plus seulement le nombre de produits identifiés, mais celui des mesures effectivement prises.

Josué Koffi

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous post Restitution parlementaire : le Groupe RHDP boucle une nouvelle tournée dans cinq régions
Next post Convention de l’Union africaine sur les violences faites aux femmes: Des féministes plaident pour un examen approfondi