Convention de l’Union africaine sur les violences faites aux femmes: Des féministes plaident pour un examen approfondi

Read Time:3 Minute, 6 Second

Ratification de la convention de l’UA :

L’Alliance féministe pour une Côte d’Ivoire inclusive et équitable appelle les autorités ivoiriennes à prendre le temps d’examiner en profondeur la Convention de l’Union africaine sur l’élimination des violences faites aux filles et aux femmes avant toute ratification.

Cette position a été exprimée dimanche 20 septembre 2026 à Gonzagueville, dans la commune de Port-Bouët, à l’occasion d’une causerie citoyenne avec les jeunes. La rencontre, organisée à l’Epp Municipalité 2, constitue la première étape d’une tournée de sensibilisation initiée par l’organisation auprès des jeunes de Côte d’Ivoire.

Devant une trentaine de participants, Tenin Traoré, spécialiste en communication pour le changement de narratif, féministe et militante des droits des filles et des femmes, a exposé les préoccupations de l’Alliance concernant le processus de ratification de cette convention élaborée en juin 2025.

« L’urgence pour nous, au niveau de l’Alliance féministe, c’est d’inviter à une pause avant ratification », a-t-elle déclaré. Selon elle, l’analyse du document par l’organisation a fait ressortir « des insuffisances » et « des lacunes » qui nécessitent, à ses yeux, une étude plus approfondie.

La militante a toutefois précisé que cette démarche ne constitue pas une remise en cause de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Il s’agit plutôt, selon elle, de contribuer à l’amélioration du cadre juridique afin qu’il puisse prendre en compte les différentes réalités sociales.
« Nous souhaitons pouvoir avoir un instrument qui représente toutes les couches sociales, démographiques et professionnelles », a-t-elle expliqué, invitant ainsi les autorités ivoiriennes à prendre le temps nécessaire avant toute ratification.
Tenin Traoré s’est également dite confiante quant à la possibilité d’un dialogue avec les pouvoirs publics sur cette question.

Elle a salué l’intérêt manifesté par les jeunes de Port-Bouët pour cette rencontre et les échanges engagés autour de la convention.

La sensibilisation au cœur des échanges
Au-delà de la convention, la rencontre a permis d’aborder les différentes formes de violences faites aux femmes et aux filles ainsi que les moyens de renforcer leur prévention au sein des communautés.

Max Messemon Djahoue, président des jeunes du quartier Cocotier de Gonzagueville 2 et membre de l’Union des jeunes de la commune de Port-Bouët, a salué cette initiative. Il a estimé que ces échanges contribuent à une meilleure compréhension des enjeux liés à la protection des femmes et des filles.

Il a également appelé les participants à s’approprier les enseignements de la rencontre et à poursuivre la sensibilisation dans les quartiers. Selon lui, la prévention des violences nécessite l’implication de l’ensemble de la communauté.

Étudiante en droit, Raskatou Oro a, pour sa part, expliqué que les échanges lui avaient permis de mieux comprendre certaines formes de violences qui restent, selon elle, insuffisamment identifiées ou prises en compte.

Elle s’est également prononcée en faveur d’un examen détaillé de la convention avant sa ratification par la Côte d’Ivoire. « Il faut qu’une pause soit faite afin de l’étudier en profondeur, point par point, avant toute signature », a-t-elle déclaré.

La jeune étudiante a par ailleurs annoncé son intention de poursuivre la sensibilisation dans son entourage et de relayer la campagne ainsi que son hashtag sur les réseaux sociaux.

À travers cette tournée, l’Alliance féministe entend poursuivre le dialogue avec les communautés sur la prévention et l’élimination des violences faites aux filles et aux femmes. L’organisation souhaite parallèlement que la convention de l’Union africaine fasse l’objet d’une lecture approfondie et inclusive avant toute éventuelle ratification par la Côte d’Ivoire.
ED.

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous post Côte d’Ivoire/Produits Cosmétiques: 2 639 produits à risque, la CEMC-CI réclame leur identification et leur retrait