Huit années après son lancement avec l’ambition de donner une identité reconnue à des millions de personnes et de faciliter leur accès aux services sociaux, le Projet d’Identification Unique pour l’Intégration Régionale et l’Inclusion en Afrique de l’Ouest (WURI) a officiellement tiré sa révérence le jeudi 25 juin 2026, à Noom Hôtel Abidjan/Plateau. Autorités gouvernementales, partenaires techniques et financiers, représentants d’institutions publiques et acteurs du secteur social se sont réunis pour dresser le bilan d’une initiative qui aura profondément transformé le paysage de l’identification en Côte d’Ivoire.

Mis en œuvre depuis 2018 avec l’appui de la Banque mondiale, le projet WURI est né d’un constat préoccupant : près de 45 % des naissances n’étaient pas déclarées et seulement 55 % des populations disposaient d’une pièce nationale d’identité.
Pour Apoh Adingra, conseiller technique représentant le ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, le projet a contribué à renforcer l’État social voulu par les autorités ivoiriennes.
« Le projet WURI est un projet majeur qui a véritablement renforcé les acquis en matière de protection sociale et permis à chaque population, où qu’elle se trouve en Côte d’Ivoire, de bénéficier des mécanismes mis en place par l’État », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’un des résultats les plus visibles demeure l’essor de la Couverture Maladie Universelle (CMU), désormais accessible à des millions de citoyens.
Au cœur de cette réussite figure le partenariat conclu en 2024 entre le projet WURI et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).
Le coordonnateur du projet, Diakalidia Konaté, a souligné que cette collaboration a marqué un tournant décisif dans l’histoire du programme.
« Nous avons connu un progrès significatif du nombre d’enrôlés à la couverture maladie universelle. Aujourd’hui, la CMU est une réalité grâce à l’appui du projet WURI », a-t-il affirmé.
Grâce à cette synergie, près de 24 millions de personnes ont été enrôlées, tandis que 13,6 millions de cartes CMU ont été distribuées à travers le pays.
Les opérations d’enrôlement ont été soutenues par des équipements informatiques modernes, des plateformes numériques renforcées et la mise en place de 509 Comités locaux de couverture maladie universelle (COLOC-CMU) mobilisés dans les villages et localités du pays.
Au-delà de la santé, WURI aura également posé les bases d’un système moderne d’interopérabilité entre les institutions publiques.
Parmi les innovations majeures figure le dispositif biométrique de preuve de vie destiné aux retraités de la CNPS et de la CGRAE.
« Aujourd’hui, il est possible d’authentifier un retraité du secteur privé comme du secteur public grâce à un cadre d’interopérabilité institutionnelle construit autour du numéro national de sécurité », a expliqué Diakalidia Konaté.
Cette innovation devrait, à terme, permettre aux retraités d’effectuer certaines démarches à distance, sans déplacement physique.
Si le financement de la Banque mondiale prend fin le 30 juin 2026, les responsables assurent que les acquis seront préservés et intégrés dans d’autres programmes de modernisation de l’administration.
Pour Apoh Adingra, la pérennité du projet dépend désormais de son appropriation par les populations.
« Là où nous sommes arrivés, il n’y a pas de retour en arrière. Chaque Ivoirien doit s’approprier cette réforme afin qu’elle continue de produire ses effets dans le temps », a-t-il insisté.
À l’heure du bilan, WURI laisse ainsi derrière lui un héritage considérable : une base de données de plusieurs millions de personnes, un système d’identification renforcé et surtout une nouvelle passerelle entre identité, protection sociale et accès aux services essentiels.
Josué Koffi

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