La 13ᵉ édition de la CGECI Academy s’est ouverte ce lundi 29 septembre à Abidjan, le plus grand rendez-vous annuel du secteur privé ivoirien.

Placé sous le thème « Souveraineté économique : le temps de l’action », le forum s’impose comme une plateforme de réflexion et de dialogue de haut niveau entre acteurs économiques, politiques et académiques.
L’objectif est de trouver les leviers qui permettront à la Côte d’Ivoire, et plus largement à l’Afrique, de renforcer son autonomie économique dans un monde en perpétuelle mutation.

Pendant deux jours, leaders politiques, décideurs et acteurs du secteur privé se donnent rendez-vous au Sofitel Hôtel Ivoire pour débattre des moyens de renforcer l’autonomie économique du continent.
Un événement organisé par la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), qui fédère près de 4 000 entreprises pesant plus de 22 000 milliards FCFA de chiffre d’affaires cumulé.

Des personnalités de haut rang pour un rendez-vous d’envergure
La cérémonie d’ouverture, présidée par le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé, a réuni des figures de premier plan. Parmi elles, Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Dr. Sidi Ould Tah, fraîchement nommé président de la Banque Africaine de Développement (BAD), ou encore Karim Zidane, ministre marocain délégué à l’Investissement, représentant le Maroc, pays invité d’honneur. Les délégations patronales du Sénégal et du Cameroun étaient également présentes, confirmant la portée panafricaine de ce rendez-vous.

La souveraineté économique, une urgence pour l’Afrique. Pour Ahmed Cissé, président de la CGECI, « la souveraineté économique, c’est la capacité pour un pays de mettre en œuvre sa propre politique de développement ». Une conviction partagée par le ministre ivoirien du Commerce et de l’Industrie, Souleymane Diarrassouba, qui a rappelé que plus de 70 % des matières premières africaines quittent encore le continent à l’état brut, tandis que les dépenses en recherche et développement plafonnent à 0,5 % du PIB, contre une moyenne mondiale de 2,2 %.

Francophonie et intégration régionale au cœur des débats
De son côté, Louise Mushikiwabo a élargi la perspective en soulignant que l’espace francophone représente 16,5 % du PIB mondial. Mais elle a mis en garde : « La jeunesse de cet espace peut être soit une bombe à retardement, soit une mine d’or, si et seulement si la souveraineté économique devient une réalité tangible ».
Des solutions concrètes en discussion
Les panels ont mis en avant des exemples inspirants, tels que l’Africa Finance Corporation, financée par les réserves de la Banque centrale du Nigeria, ou encore la nécessité de bâtir des champions nationaux. Le ministre ivoirien des Finances, Adama Coulibaly, a rappelé que « la souveraineté, c’est l’aptitude d’un État à contrôler ses choix fondamentaux », tout en insistant sur la stabilité macroéconomique et l’ouverture aux investissements stratégiques.

Une Afrique ambitieuse, tournée vers l’avenir
Dans son discours, Dr. Sidi Ould Tah a esquissé une vision axée sur la mobilisation de financements innovants, la réforme de l’architecture financière africaine et la valorisation du secteur privé.

Le Premier ministre Beugré Mambé a, pour sa part, réaffirmé l’ambition ivoirienne : produire davantage ce qu’elle consomme, transformer ses matières premières localement et bâtir une politique de champions nationaux.
La CGECI Academy 2025 s’impose ainsi comme un catalyseur de réflexions et de solutions concrètes pour une Afrique résolument tournée vers sa souveraineté économique.
Josué Koffi

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