Côte d’Ivoire : Faible engouement pour la révision des listes électorales

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La révision de la liste électorale en Côte d’Ivoire, débutée le 19 octobre 2024, s’est officiellement achevée ce dimanche 17 novembre. Une opération d’envergure nationale qui visait à inscrire 4,5 millions de nouveaux électeurs, mais qui a enregistré une faible participation malgré une prolongation d’une semaine.

Après avoir visité les régions du Sud Comoé, et de la Mé, les observateurs de la société civile l’Africanisme ont déposé leurs valises dans le District Autonome des Lacs, Yamoussoukro, le dimanche 19 octobre 2024.

La révision de la liste électorale entamée le 19 octobre 2024 s’est achevée ce dimanche 17 novembre 2024.

Plusieurs jeunes attendant le dernier jour, se sont bousculés pour aller se faire enrôlés. Plus de 15 Centres d’enrôlements ont été visités notamment : le Lycée Scientifique de Yamoussoukro, le Lycée Garçon de Yamoussoukro, le Collège Zaher, le collège du quartier résidentiel ont été passé au peigne fin.

« Plusieurs centres d’enrôlements sont restés ouvert attendant la venue des requérants mais le constat on note une faible participation et l’engouement est faible », a déclaré Konan Arnaud, chef de centre au lycée Scientifique de Yamoussoukro.

Dans plusieurs localités, comme Yamoussoukro et Toumodi, les centres d’enrôlement ont fonctionné à un rythme modéré. À Yamoussoukro, des centres tels que le Lycée Scientifique ou le Collège Zaher n’ont accueilli qu’une dizaine de requérants par jour en moyenne. « Ce sont surtout les jeunes de la catégorie 2 qui se sont bousculés dans les dernières heures », a expliqué Jean Amani Brigitte, cheffe du centre du Groupe Scolaire Zaher.

Cette précipitation de dernière minute s’explique souvent par une sensibilisation tardive. Kouamé Alain, 19 ans, l’un des « nouveaux majeurs » concernés par l’opération, a attendu le dernier jour pour s’inscrire. « Mon père m’a poussé à venir. Ce n’était pas ma priorité, mais je suis content ‘de’ pouvoir voter pour la première fois », confie-t-il, encore essoufflé après sa course jusqu’au centre.

Plusieurs jeunes attendant le dernier jour, se sont bousculés pour aller se faire enrôlés. « Plusieurs centres d’enrôlements sont restés ouvert attendant la venue des requérants mais le constat on note une faible participation et l’engouement est faible », a déclaré Konan Arnaud, chef de centre au lycée Scientifique de Yamoussoukro.

Pour Jean Amani Brigitte, chef de centre au Groupe Scolaire Zaher « Ce sont les jeunes de la catégorie 2 qui se sont bousculés dans les derniers jours et les dernières heures pour se faire enrôlés. Nous notons que dans la capitale politique du pays, Yamoussoukro, les Jeunes ne se sont pas trop intéressés par la révision de la liste électorale », a-t-elle indiqué

Plus de 12000 centres d’enrôlement sont restés ouverts à travers le pays durant un mois pour tenter d’étoffer la liste électorale de 4,5 millions de nouveaux inscrits. La liste actuelle regorge d’un peu plus de 8 millions d’électeurs. Mais malgré une semaine de prolongation accordée, cet objectif est loin d’être atteint.

Kouamé Alain, âgée de 19 ans, fait partie des nouveaux majeurs ciblés par cette campagne. À quelques minutes de la fermeture de ce centre d’enrôlement, il arrive précipitamment, bien décidée à s’inscrire pour voter pour la toute première fois de sa vie. Une expérience qu’il raconte avec émotion.« C’est mon père qui m’a grondé et m’a mis la pression pour que je vienne me faire enrôlés. Je ne trouve pas ça trop important pour moi. Ces après la pression de mon père que je me suis précipité pour venir me faire enrôlé. J’avais peur qu’ils ferment. Je courais même pour venir, jusqu’à je transpirais. Je voulais venir plus tôt, mais comme je n’avais pas le temps… Je partais à l’école. C’est pour cela que je suis venu aujourd’hui. En tout cas, c’est une fierté. Au moins, je pourrais dire à mes amies que je peux voter celui que je veux », raconte le nouveau majeur.

Durant les 30 jours qu’a duré l’opération, ce centre du collège Zaher de Yamoussoukro, n’a accueilli en moyenne qu’une dizaine de personnes par jour, selon Marc Kouakou, chef du bureau. Une affluence faible, mais en hausse progressive, portée par la mobilisation des partis politiques . « Les premiers jours, il n’y avait pas beaucoup de personnes, mais après ça les gens ont commencé à venir un peu et ici peut-être notre chance, c’est qu’il y a les représentants des parties politiques qui sensibilisent eux-mêmes leurs différents partisans qui les envoient pour se faire enrôler. Les campagnes de sensibilisation dans les radios communautaires ont été important pour notre ville. Plusieurs se sont précipités ces derniers jours », explique-t-il.

Catégorie 1 :340, catégorie 2 : 810 requérants un total de 1150 inscrits.

Dans l’après-midi, le cap a été mis dans la ville de Toumodi.

Les observateurs de la société civile l’Africanisme se sont dirigés dans la région du Bélier, Toumodi. Une fois sur les lieux, une dizaine d’écoles ont été visitées. Toujours le même constat. Epp Aklomian Bla, situé dans le Centre de la ville note une faible participation de la population.

Catégorie 1 : 104, catégorie 2 : 118.

Selon Traoré Tiekebé, « tout est resté faible jusqu’au dernier jour. Pas d’engouement. Faible affluence. C’est le dernier jour que quelque personnes se sont précipités pour venir se faire enrôlés », a souligné la cheffe de Centre au Lycée Moderne Camille Alliali, À la date du 9 novembre, soit la veille de la prolongation de l’opération, environ 800 000 nouvelles demandes d’inscription avaient été enregistrées par la Commission électorale indépendante.

Les prochaines étapes : l’analyse des données, la publication des listes provisoires, puis la période de contentieux avant les listes définitives, attendues à la mi-2025.

En Côte d’Ivoire, la révision de la liste électorale s’est achevée ce dimanche 17 novembre. Et il n’y aura visiblement pas une nouvelle prolongation, malgré les appels insistants de l’opposition ces dernières semaines.

Les partis d’opposition jugent le délai d’un mois, imparti pour l’opération, beaucoup trop court pour enregistrer les 4,5 millions de nouveaux électeurs potentiels souhaités.

Une étape cruciale pour l’élection présidentielle prévue en octobre 2025. Dans la région du Bélier, à Toumodi, le constat est similaire.

L’EPP Aklomian Bla et le Lycée Moderne Camille Alliali ont également enregistré des chiffres faibles. « L’affluence est restée faible jusqu’au dernier jour », a rapporté Traoré Tiekebé, cheffe d’un centre.

Sur l’ensemble du territoire, plus de 12 000 centres d’enrôlement ont été mobilisés. La Commission Électorale Indépendante (CEI) a annoncé environ 500 000 nouvelles inscriptions à la veille de la clôture, bien loin des attentes. Les partis politiques, notamment ceux de l’opposition, dénoncent un délai insuffisant et pointent un manque de mobilisation des autorités.

Pourtant, dans certaines zones, des efforts de sensibilisation, portés par les partis politiques et les radios communautaires, ont permis une légère hausse des inscriptions en fin de campagne. « Les représentants des partis ont joué un rôle crucial dans cette mobilisation », a reconnu Marc Kouakou, chef de centre à Yamoussoukro.

La prochaine étape consistera à analyser les données collectées, publier les listes provisoires, et ouvrir une période de contentieux avant la validation des listes définitives, attendues à la mi-2025. Ces listes seront déterminantes pour la présidentielle prévue en octobre 2025.

Malgré cette étape clé dans le processus électoral, l’enrôlement massif espéré reste un défi. Le faible engouement soulève des interrogations sur l’implication des citoyens, en particulier des jeunes, dans la vie démocratique du pays.

Josué Koffi

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