Conflit autour du Forum des marchés d’Adjamé : la FENACCI dénonce une décision « injuste » au profit de Mohamed Djamal Saïdi

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Sous haute tension à la mairie d’Adjamé, dans la commune commerciale du pays, le bras de fer entre commerçants et opérateur privé connaît un nouvel épisode explosif. Face à une décision administrative jugée imminente et controversée, la Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d’Ivoire (FENACCI) monte au créneau et dénonce une manœuvre « injuste » au profit de l’homme d’affaires Mohamed Djamal Saïdi. En toile de fond : un litige vieux de plusieurs années, des milliards de francs CFA en jeu et des milliers de commerçants qui réclament, avant tout, vérité et transparence.

Le lundi 6 avril 2026, à la mairie d’Adjamé, Soumahoro Farikou, Président du Conseil d’administration de la Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d’Ivoire, a animé un point de presse portant sur le litige opposant les commerçants du Forum des marchés à l’homme d’affaires Mohamed Djamal Saïdi.

Placée sous le thème « Le marché Forum d’Adjamé est l’arbre qui cache la forêt du monopole écrasant de Mohamed Djamal Saïdi sur les marchés de proximité en Côte d’Ivoire », cette rencontre a réuni de nombreux commerçants et acteurs du secteur.

Dès l’entame, Soumahoro Farikou a situé le contexte de cette sortie médiatique, organisée en urgence. Selon lui, cette mobilisation fait suite à une correspondance adressée à la FENACCI le 3 avril 2026, appelant à faire barrage à une décision administrative en préparation.

Cette décision viserait à autoriser le paiement de 11 milliards de francs CFA au profit de Mohamed Djamal Saïdi, dans le cadre d’un litige de longue date avec les commerçants.

Le PCA de la FENACCI a dénoncé une mesure aux conséquences « graves, injustes et inéquitables », estimant qu’elle privilégierait les intérêts d’un prestataire au détriment de milliers de commerçants, pourtant essentiels à l’économie nationale.

Il a également rappelé que ce projet avait déjà été rejeté par le passé par Abdourahmane Cissé, alors ministre du Budget, pour des raisons de bonne gouvernance.

Soumahoro Farikou a soulevé plusieurs interrogations restées sans réponse, notamment :

le sort des conclusions du comité de crise mis en place en 2018 ;

l’état d’avancement du dossier transmis à l’Inspection générale de l’État ;

et l’absence d’un audit complet des paiements effectués par les commerçants.

Pour lui, la transparence doit primer avant toute prise de décision.

Les commerçants réclament un audit des comptes

Prenant la parole à son tour, Madame Sanogo a apporté des éclairages sur l’origine du conflit.

Elle a rappelé que, depuis 2018, les commerçants exigent un audit des écritures avant tout paiement des sommes réclamées, estimées entre 11 et 12 milliards de francs CFA.

Selon elle, des milliers de commerçants ont déjà payé pour l’acquisition de boxes, magasins et étals, sans jamais en obtenir la jouissance. Elle met également en cause la gestion du projet par la SICG, évoquant des montages financiers jugés opaques.

Un projet financé par les commerçants eux-mêmes

Revenant sur l’historique du dossier, Mme Sanogo a expliqué que dès 1997, un partenariat avait été conclu entre la mairie d’Adjamé et la SICG pour la construction du marché.

Faute de moyens financiers suffisants, la société aurait sollicité les commerçants, qui ont versé entre 5 et 12,5 millions de francs CFA chacun, bien avant la réalisation effective du projet.

Malgré l’inauguration du marché en 2001, des tensions sont rapidement apparues, notamment après la proposition de contrats jugés désavantageux. Des tentatives d’expulsion ont suivi, donnant lieu à plusieurs procédures judiciaires, toutes perdues par la SICG.

Selon les commerçants, il a finalement été reconnu que ce sont eux qui ont majoritairement financé le projet.

Des paiements controversés

Dans la suite du processus, un mécanisme de « rachat » a été proposé, invitant les commerçants à verser une soulte censée représenter le bénéfice attendu par l’opérateur.

Cependant, Mme Sanogo affirme que les paiements ont été effectués sur plusieurs comptes, notamment auprès de la Banque de l’Habitat du Mali, dans des conditions jugées peu transparentes.

Une position ferme des commerçants

Au terme de ce point de presse, l’ensemble des intervenants a réaffirmé une position claire :
aucun commerçant ne reconnaît devoir des sommes à Mohamed Djamal Saïdi en l’état actuel du dossier.

Ils exigent donc un arrêt des écritures afin d’établir la vérité sur les paiements déjà effectués, avant toute décision administrative ou financière.

Ibo François

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