un secteur de 1,3 million d’acteurs en quête de structuration

Dans un contexte où la modernisation du commerce ivoirien s’impose comme une urgence nationale, plus de 300 acteurs du secteur du pagne et du textile ont convergé, ce samedi 18 avril 2026, au Plateau, pour prendre à bras-le-corps les défis de leur filière. Entre exigences fiscales, lutte contre la contrefaçon et quête de performance, cette mobilisation inédite sonne comme un signal fort : celui d’un secteur décidé à sortir de l’informel pour écrire une nouvelle page de son histoire.
Sous les lustres feutrés de la salle CRRAE-UMOA, plus de 300 commerçants de pagnes et de textiles venus des quatre coins de la Côte d’Ivoire ont répondu à un appel devenu pressant : celui de la transformation d’un secteur clé de l’économie nationale.
À l’initiative de l’Union des Commerçants de Pagnes et de Textiles de Côte d’Ivoire (UCOPACI), cet atelier de formation marque un tournant décisif vers la structuration et la modernisation d’une filière encore largement dominée par l’informel.
Placée sous le haut patronage du ministre du Commerce, Ibrahim Khalil Konaté, et parrainée par la maire de Gbéléban, Sita Ouattara, la rencontre s’est imposée comme un cadre de réflexion majeur autour du thème : « Conformité fiscale, sécurité, normalisation et performance du commerce du textile en Côte d’Ivoire ».
D’entrée, le président de l’UCOPACI, Mamadou Baradji, a donné le ton :
« Votre présence traduit un engagement fort : celui de bâtir ensemble un secteur plus structuré, plus moderne et plus compétitif. »
Avec plus de 1,3 million d’acteurs, le secteur du textile représente un véritable levier économique et social. Mais il reste confronté à des défis persistants : fraude, contrefaçon, absence de formalisation et faible accès aux financements.
Face à ces enjeux, les organisateurs ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des acteurs.
« Cette opportunité est précieuse. C’est par la connaissance que vient la puissance, et par la formation que vient la réussite », a exhorté Mamadou Baradji.
Même son de cloche du côté de la marraine, Sita Ouattara, qui a souligné le rôle crucial du secteur dans la création d’emplois, notamment pour les femmes et les jeunes :
« Il est important que les acteurs s’approprient les règles fiscales et respectent les normes pour renforcer leur compétitivité. »

Représentant le ministre, le directeur général de Côte d’Ivoire Export, Fadiga Kaladji, a salué « un acte fort » traduisant la volonté du secteur de se professionnaliser. Il a rappelé que la Côte d’Ivoire, premier producteur africain de coton, ambitionne désormais de transformer localement cette richesse.
« Le textile est un levier essentiel de création de richesse et d’emplois. Il figure parmi les priorités de la stratégie nationale d’industrialisation », a-t-il affirmé.
La carte professionnelle : symbole d’une nouvelle ère. Parmi les innovations majeures évoquées, la mise en œuvre de la carte professionnelle du commerçant suscite un vif espoir. Véritable sésame vers la formalisation, elle permettra aux acteurs d’accéder à la protection sociale, aux financements et à une meilleure reconnaissance institutionnelle.
« C’est une arme de dignité, une clé de protection et un passeport pour un avenir meilleur », a martelé le président de l’UCOPACI.
Au terme de cet atelier, un message fort se dégage : le temps de l’improvisation est révolu. Place à l’organisation, à la discipline et à la professionnalisation.
Dans une Côte d’Ivoire en pleine mutation économique, le secteur du textile entend désormais jouer pleinement sa partition. Et comme un écho à cette ambition collective, les mots résonnent encore dans la salle :
« L’heure n’est plus à l’hésitation. L’heure est à l’action. »
Ibo François

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