Changement climatique : les projets et financements de l’Etat ivoirien pour lutter contre ce fléau

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D’ici 2050, selon la banque mondiale, les températures en Côte d’Ivoire pourraient augmenter de 1,3 à 2,3 degrés Celsius.

Les précipitations pourront varier de -2 à 7% avec une augmentation fréquente de l’intensité. Plusieurs secteurs de l’économie ivoirienne pourraient être impactés par ce changement climatique. Le cacao, le poumon de l’économie ivoirienne pourrait connaitre des jours sombres a causse de l’augmentation des températures, du manque d’eau, de la perte des zones forestières provoquées par l’utilisation des forêts à usage de feux de bois et de charbon.

La pêche côtière perdra 26% de sa production à cause du changement climatique. Les estimations de pertes pourraient se chiffrer entre 380 à 770 milliards de FCFA.

Le secteur de l’agriculture, le capital humain, et les infrastructures seraient les plus impactés selon la banque mondiale.

Face à l’urgence, des actions de lutte ont été engagées par le pays pour éviter le désastre. L’ambition de l’Etat ivoirien est de réduire de 30,41% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

Pour atteindre cet objectif, plusieurs projets ont vu le jour, dont le projet de transition bas carbone (TBC-Côte d’Ivoire) lancé en 2023 en lien avec l’accord de Paris, où tous les pays s’étaient fixés comme objectif de limiter l’augmentation du réchauffement à 2°C, voir 1,5°C à l’horizon 2100.

Financé par l’Union européenne à près de quatre milliards FCFA et mise en œuvre par Expertise France pour une durée de quatre ans, de 2023-2026.

Ce projet vise à rehausser la performance climatique de la Côte d’Ivoire, en accompagnant le gouvernement ivoirien dans la mise en œuvre et le suivi de ses engagements climatiques (tant d’atténuation que d’adaptation) selon une approche participative et inclusive.

Les Contributions Déterminées Nationales révisées de la Côte d’Ivoire ont été soumises à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), en mai 2022. Elles sont le fruit d’un processus participatif ayant impliqué un grand nombre de partenaires.

Elles mettent l’accent sur les mesures d’adaptation dont le coût est estimé à 12 milliards de dollars, soit un peu plus de 7258 milliards de FCFA supérieur au coût des mesures d’atténuation estimé à 10 milliards de dollars, soit un peu plus de 6000 milliards de FCFA.

Répartition des ressources entre l’adaptation et l’atténuation pour la mise en œuvre des CDN de la Côte d’IvoireLes CDN prévoient 20 mesures d’adaptation dans 5 secteurs vulnérables : agriculture, élevage, aquaculture, forêts et utilisation des terres, ressource en eau, santé, et zones côtières.

Le suivi de ce projet est confié au ministère de l’environnement, du développement durable et de la transition écologique.

A côte de ce projet d’envergure, il y a aussi le projet d’Investissement pour la Résilience des Zones Côtières Ouest-Africaines (WACA-ResIP).

Le Programme de gestion du littoral ouest-africain également connu sous son acronyme anglais « WACA » pour West Africa Coastal Areas Program a été conçu pour répondre à ce besoin croissant d’intégration régionale.

C’est une instance de mobilisation grâce à laquelle partenaires techniques et financiers peuvent contribuer au développement durable du littoral, avec comme angle d’attaque, la lutte contre l’érosion et les inondations côtières.

Ce projet concerne les pays de l’Afrique de l’Ouest. En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, le coût de la dégradation des zones côtières, selon une évaluation de la Banque Mondiale, s’élèverait à 1,985 millions de dollars, soit plus de 992 milliards de FCFA par an.

Tandis que les coûts des dommages d’une élévation de 20 cm du niveau de la mer d’ici 2050 dans la seule ville d’Abidjan, évalué dans le cadre du programme WACA, a été estimé à environ 460 milliards de FCFA par an.

Dans le cadre de la phase 2 du projet WACA, la banque mondiale a approuvé un financement en 2022, de 246 millions de dollars soit un peu plus de 148 milliards de FCFA qui sera déployé en Gambie, au Ghana et en Guinée-Bissau.

Malgré ces aides financières au plan national et région, le besoin en financement des pays africains pour lutter contre le changement climatique est énorme.

Les grands pollueurs ont des retards sur leur engagement de mobiliser 100 milliards de dollars par an en financements climat pour les pays à revenu faible et intermédiaire. Si les bailleurs affirment avoir mobilisé 83,3 milliards de dollars en 2020, la valeur réelle des financements d’après le rapport d’Oxfam intitulé 2023, s’élevait tout au plus à 24,5 milliards de dollars.

Le montant de 83,3 milliards de dollars annoncé est une surestimation car les calculs ont inclus des projets pour lesquels la pertinence climatique des fonds avait été exagérée et des prêts cités à leur valeur nominale.

Malgré les flux d’IDE vers les pays africains, les efforts continus visant à améliorer le climat d’investissement et à permettre la concurrence sur les marchés clés doivent être complétés par des mesures ciblées visant à motiver les investissements verts ou intelligents face au climat.

Un financement accru du secteur public est donc requis pour créer davantage d’opportunités d’investissements verts pour le capital-investissement.

ANNASS SIKA

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