CEDEAO : Ouverture à Abidjan d’une réflexion stratégique pour une intégration ouest-africaine plus ambitieuse

Read Time:2 Minute, 46 Second

Abidjan, capitale économique ivoirienne, est depuis ce mardi 3 février 2026, le carrefour des grandes réflexions sur l’avenir de l’Afrique de l’Ouest.

À l’initiative de la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), une réunion consultative régionale se tient du 3 au 6 mars 2026 pour redéfinir les priorités en matière de commerce régional, d’intégration économique et de développement durable.
Un rendez-vous stratégique à l’heure où l’organisation communautaire s’apprête à célébrer cinquante ans d’existence, dans un contexte sous-régional en pleine mutation.

C’est une consultation en prélude à un sommet décisif. Cette rencontre à Abidjan s’inscrit en prélude au Sommet spécial sur l’avenir de la CEDEAO. Elle vise à recueillir les contributions des États membres, du secteur privé et de la société civile afin de réexaminer les enjeux liés à la sécurité, à la gouvernance et à l’intégration économique.

Dès l’ouverture, les différents intervenants ont insisté sur la nécessité de passer d’une intégration institutionnelle à une intégration concrète, perceptible dans le quotidien des populations. « L’intégration ne peut rester une affaire technique », a souligné la Vice-présidente du Parlement communautaire, Adjaratou Traoré, plaidant pour un Parlement doté de véritables compétences législatives afin de rapprocher davantage le projet communautaire des peuples, notamment des jeunes et des femmes.

Au nom du Réseau des organisations paysannes et de producteurs d’Afrique de l’Ouest (ROPPA), Cheikh Moumouni Sissoko a rappelé le rôle central des producteurs agricoles dans l’économie régionale. « Les paysans constituent le premier secteur privé de la région », a-t-il affirmé, précisant qu’ils assurent « 85 % des investissements productifs, prennent 100 % des risques et génèrent près de 60 % des emplois ».

Il a appelé à un changement de paradigme pour que les organisations paysannes soient pleinement reconnues comme des acteurs majeurs du développement, tout en insistant sur la préservation des ressources naturelles et l’intégration des enjeux environnementaux dans les politiques régionales.

Pour le ministre délégué chargé de l’Intégration africaine de Côte d’Ivoire et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso, la CEDEAO peut se prévaloir de « cinquante ans d’un espace de liberté et de solidarité dont la région peut être fière ».

Toutefois, le commerce intrarégional demeure faible, oscillant entre 5 et 7 %.

Il a proposé un agenda structuré visant à porter ce taux à 10 % d’ici 2028 et à 15 % en 2030, en levant notamment les barrières non tarifaires et en réduisant la dépendance aux matières premières. « Les barrières non tarifaires persistantes, le déficit d’infrastructures et les tendances protectionnistes continuent d’entraver l’intégration régionale », souligne le document de travail.

Au cœur des échanges figure la Vision 2050 de la CEDEAO, qui ambitionne de bâtir « une communauté de peuples intégrés dans une région pacifique et prospère », fondée sur des institutions solides et le respect des libertés fondamentales.

Paix et sécurité, démocratie, financement du secteur agricole, nouvelles technologies et intelligence artificielle, rôle des jeunes et des femmes : autant de thématiques appelées à nourrir des recommandations consensuelles en vue du Sommet spécial.

À Abidjan, l’heure est donc à la refondation stratégique. Plus qu’un simple exercice institutionnel, cette consultation se veut un tournant décisif pour inscrire l’intégration ouest-africaine dans une dynamique plus inclusive, résiliente et durable.

Josué Koffi

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous post Ports ivoiriens : les dockers haussent le ton et exigent l’application du décret de 2019
Next post Violences basées sur le genre : plus de 10 000 cas recensés en 2025, l’État intensifie la riposte