Cacao stocké dans les régions: 10.000 tonnes bloquées dans le Haut-Sassandra, les producteurs lancent un cri de cœur au Président Alassane Ouattara

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À Daloa, au cœur de la principale région cacaoyère du pays, des montagnes de sacs de cacao s’entassent dans les magasins des coopératives, témoins silencieux d’une crise qui inquiète toute la filière. Près de 10.000 tonnes de fèves brunes, pourtant prêtes à être commercialisées, restent bloquées depuis plusieurs mois dans le Haut-Sassandra et dans la marahoué. Face à cette situation jugée alarmante, producteurs et responsables de coopératives ont lancé, ce lundi 16 mars 2026, un cri de détresse au Président de la République, Alassane Ouattara, afin d’obtenir une solution urgente.

Des stocks qui s’accumulent dans les coopératives. À Vavoua, plusieurs magasins sont saturés. Selon les responsables de coopératives, les camions envoyés pour l’évacuation des fèves sont régulièrement refoulés, laissant les stocks s’accumuler depuis le début de la campagne cacaoyère en octobre.

Secrétaire général de la coopérative socariva, Dah Bohoui Constant explique la gravité de la situation :

« Depuis le début de la campagne, nous rencontrons d’énormes difficultés pour livrer notre cacao. Nous avons envoyé un camion à plusieurs reprises, mais il a été refoulé trois fois. Aujourd’hui, nous avons encore environ 50 tonnes en stock qui n’ont pas été enlevées. »

Dans la seule localité de Vavoua, plus de 40 coopératives structurées seraient confrontées au même problème, certaines disposant de centaines de tonnes de fèves invendues.

Sur le terrain, la tension monte entre coopératives et planteurs. Les producteurs qui ont livré leur cacao attendent toujours d’être payés, alors que le prix bord champ fixé à 2.800 francs CFA le kilogramme leur avait été promis au moment de la vente.

Planteur à Daloa, Kangah Kouamé Paul témoigne de l’impatience grandissante des paysans :

« Nous avons livré notre cacao depuis novembre, mais jusqu’à aujourd’hui nous n’avons rien reçu. Nos enfants sont renvoyés de l’école parce que nous ne pouvons plus payer la scolarité. Nos familles ne comprennent pas pourquoi l’argent tarde. »

Dans certains villages, la situation devient explosive. Des producteurs mécontents se sont déjà rendus dans des magasins pour réclamer leurs paiements, créant parfois des tensions sociales.

Des coopératives financièrement asphyxiées. Pour les responsables de coopératives, la crise est également très préoccupante. Ayant acheté le cacao aux producteurs au prix officiel, ils se retrouvent aujourd’hui avec des stocks impossibles à écouler.

Konan Koffi Benoît, président d’une coopérative locale explique :

« Si nous sommes obligés de vendre ce cacao à un prix inférieur, la perte sera énorme. Certaines coopératives pourraient disparaître. Cela représenterait des années de travail réduites à néant. »

À Bonon et À Gonaté, dans plusieurs entrepôts, les magasins sont désormais pleins, empêchant même la réception de nouvelles récoltes.

Face à cette situation, les acteurs de la filière dans le Haut-Sassandra demandent une intervention rapide des autorités pour l’évacuation des stocks et la stabilisation du marché.

Pour Cissé SidiKi Bah, président du comité scientifique de l’Association des producteurs de Côte d’Ivoire, l’urgence est réelle :

« Nous avons plus de 10.000 tonnes de cacao stockées dans la région. Nous demandons au Président de la République et à son gouvernement de nous aider à résoudre cette crise qui menace toute la filière. »

La petite campagne intermédiaire fixée désormais au prix de 1200 FCFA , producteurs et coopératives espèrent une réponse rapide des autorités afin d’éviter une crise économique et sociale plus profonde dans cette grande zone cacaoyère du pays.

Josué Koffi

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