Bingerville / Projet “Espérance” : bras de fer persistant entre le Resa-Fisc et BACID-SA, le dialogue menacé avant la rencontre du 5 mars

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L’air était chargé de tension à l’entrée de la cité « Espérance », le 28 février dernier. Entre agents des Impôts mobilisés et forces de l’ordre positionnées aux abords du site, la scène traduisait la profondeur du malaise. Refoulé alors qu’il entendait animer une conférence de presse à l’intérieur du complexe immobilier, le Secrétaire général du Renouveau syndical du Fisc (Resa-Fisc), Zéréyé Zédou, a finalement pris la parole à l’extérieur, devant des militants visiblement remontés.

Selon des sources proches du dossier, la direction générale de BACID-SA ne devrait pas donner suite à la proposition du syndicat de délocaliser la séance de travail prévue le 4 mars. Le promoteur estime, au nom de « la logique des choses », qu’une telle rencontre doit se tenir dans ses locaux, à sa comptabilité.

Lancé il y a cinq ans, le projet « Espérance » ambitionnait de livrer 150 logements aux agents des Impôts membres du syndicat. La première tranche prévoyait 150 maisons clés en main. Aujourd’hui, seuls 19 logements auraient été livrés.

« C’est avec le cœur meurtri que nous assistons à cette situation », a déclaré Zéréyé Zédou, dénonçant un non-respect des clauses contractuelles. Selon lui, le contrat initial prévoyait un paiement six mois après la livraison effective des maisons, et non en amont.

Le coût global de la première phase était estimé à 5,6 milliards FCFA. Pourtant, le syndicat affirme avoir déjà versé 2,325 milliards FCFA au promoteur, à titre d’accompagnement.

Lors de sa déclaration, le SG du Resa-Fisc, entouré de collaborateurs de son conseil, a évoqué des chèques allant de 100 à 400 millions FCFA. « Voyant que nous n’étions pas d’accord pour l’accompagner dans cette forfaiture, il a commencé à mettre des blocages dans la réalisation du projet », a-t-il soutenu, accusant son partenaire de vouloir revoir unilatéralement les coûts.

Le syndicat dénonce également la commercialisation de certains logements à des tiers non membres, alors que l’affaire est pendante devant la justice.

De son côté, le PDG de BACID-SA, Salami Rachidi, assume avoir requis la présence des forces de l’ordre pour « sécuriser les résidents et les activités sur le site ». Il affirme privilégier le dialogue et dit disposer de documents justificatifs qui seront rendus publics.

Dans un courrier daté du 27 février, la société a invité le Resa-Fisc à une séance de travail le mercredi 4 mars à 15 heures, à son siège à la Riviera Bonoumin. Le conseil du syndicat a confirmé l’accord de principe de son client pour participer à la rencontre, mais a proposé un lieu neutre : l’Hôtel Belle Côte, à la Palmeraie.

Une requête qui, selon certaines indiscrétions, ne devrait pas recevoir un écho favorable de la direction de BACID-SA.

En attendant, le contentieux suit son cours devant le Tribunal de commerce, avec un point financier annoncé pour le 5 mars 2026. Pour les 123 souscripteurs concernés, l’heure est à l’incertitude. Au-delà d’un simple différend contractuel, l’affaire « Espérance » ravive le débat sur la sécurisation des investissements immobiliers en Côte d’Ivoire.

Andy Varold

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