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Assemblée nationale : Patrick Achi mise sur l’intelligence artificielle pour renforcer le travail parlementaire

Josué Koffi Par Josué Koffi 4 minutes de lecture 0 commentaires
Assemblée nationale : Patrick Achi mise sur l’intelligence artificielle pour renforcer le travail parlementaire
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L’intelligence artificielle s’invite au cœur du travail parlementaire ivoirien. À l’Assemblée nationale, Patrick Achi entend donner aux députés les moyens de maîtriser cette technologie pour mieux légiférer, contrôler l’action gouvernementale et répondre aux préoccupations des populations. Cette ambition était au centre d’une session de sensibilisation et de formation organisée lundi 12 octobre 2026 à l’hémicycle, en présence du ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, et de l’ancienne ministre marocaine Ghita Mezzour.

Pour le président de l’Assemblée nationale, l’intelligence artificielle constitue un levier de modernisation du travail parlementaire. Elle peut notamment faciliter l’analyse des dossiers, la comparaison des expériences internationales et l’exploitation des rapports.

« L’intelligence artificielle peut nous aider à dégager rapidement la structure d’un dossier, à rapprocher des informations dispersées », a expliqué Patrick Achi, évoquant également son utilité dans l’examen des budgets et la préparation des auditions.

Toutefois, le président de l’institution a tenu à rappeler que ces outils ne doivent jamais remplacer la responsabilité des élus. « Elle peut proposer, rechercher, classer et calculer. Mais elle ne vote pas. Elle ne porte pas la voix d’une circonscription », a-t-il insisté.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique. Selon Djibril Ouattara, la feuille de route 2026-2028, alignée sur le Plan national de développement 2026-2030, prévoit 440 projets structurants autour de six piliers, notamment la connectivité, la modernisation de l’administration, la cybersécurité et le développement des compétences.

Le ministre a surtout plaidé pour une intelligence artificielle adaptée aux réalités nationales et fondée sur la maîtrise des données. « Nous voulons une intelligence artificielle qui se nourrit de nos données, lesquelles doivent être contrôlées et protégées par nous-mêmes », a-t-il déclaré.

Le programme ambitionne de former plus de 2 000 décideurs publics d’ici à la fin de 2027, afin de leur permettre d’utiliser et d’encadrer efficacement ces nouvelles technologies.

Partageant l’expérience marocaine, l’ancienne ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Ghita Mezzour, a mis en avant les applications possibles de l’IA dans l’éducation, la santé et l’agriculture. Elle a notamment cité l’accompagnement personnalisé des élèves, l’aide au diagnostic médical et le conseil agricole à distance.

Elle a néanmoins appelé à la vigilance face aux erreurs produites par les outils, aux biais culturels, aux fausses vidéos et aux risques liés à la confidentialité des données. Pour elle, la formation des ressources humaines reste indispensable pour transformer cette technologie en opportunités économiques et professionnelles pour la jeunesse africaine.

Autre temps fort de la rencontre, la démonstration présentée par le Dr Issac Bayoh a montré comment l’intelligence artificielle peut rapprocher le numérique des réalités linguistiques ivoiriennes. À travers un dispositif accessible sur WhatsApp, les utilisateurs peuvent envoyer des messages écrits ou vocaux et recevoir des réponses en baoulé ou en malinké.

Selon le Dr Issac Bayoh, cette innovation repose sur plus de deux années de recherche et la constitution d’une base de données de plus de 50 000 phrases collectées, annotées et validées, représentant environ 17 000 heures de paroles en langues locales.

Au-delà de la traduction, le système prend en compte les particularités grammaticales, les variations dialectales et les nuances de politesse. Une avancée qui ambitionne de « briser les barrières linguistiques » et de donner davantage de place aux langues ivoiriennes dans l’univers technologique.

La démonstration de l’assistant conversationnel « Aya » a également permis au Président de l’Assemblée, Patrick Achi, d’explorer les possibilités de l’IA dans l’analyse budgétaire et la recherche d’informations législatives. L’outil a rappelé la nécessité de vérifier ses réponses à partir des documents officiels.

Pour les députés, le défi dépasse désormais la découverte de ces technologies. Il s’agit de les maîtriser pour améliorer durablement la qualité des lois et l’efficacité du contrôle parlementaire, sans perdre de vue l’essentiel : faire du progrès numérique un instrument au service des Ivoiriens.

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Josué Koffi

Josué Koffi

Journaliste — Côte d'Ivoire Infos

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