L’Alliance féministe, une organisation ivoirienne de défense des droits des femmes veut impliquer les médias ivoiriens dans le processus de ratification de la convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles.

Elle a lancé cet appel le mercredi 16 septembre 2026, à l’occasion d’une conférence -débat avec des journalistes, dénommée café média , tenue dans un complexe hôtelier, à Abidjan.
Cette rencontre avec les professionnels de médias ivoirien visait d’une part, à favoriser une meilleure compréhension de la Convention, à identifier ses éventuelles limites et à réfléchir aux moyens de renforcement de la protection des femmes et des filles en Côte d’Ivoire.
D’autre part, à inviter les professionnels de l’information à contribuer davantage à l’éclairage de l’opinion publique sur les enjeux liés à cette convention , adopté en février 2025 .
Egalement, l’Alliance Féministe entend encourager les médias à mettre en lumière plusieurs dispositions contenues dans la convention nécessitant plus de précision ou d’un renforcement avant sa ratification.
Elle appelle les journalistes à donner la parole aux organisations de défense des droits des femmes, aux personnes concernées et aux différents acteurs impliqués dans le processus.

En outre, l’Alliance féministe souhaite une étude approfondie des textes article par article, en collaboration avec les organisations de la société civile, afin d’identifier les éventuelles insuffisances et de proposer des mécanismes de protection adaptés aux réalités ivoiriennes, avant la ratification.
« Étant donné que les médias ont le pouvoir d’arriver dans certains lieux où nous ne pouvons pas arriver, nous leur transmettons le message pour qu’ils soient nos voix, nos relais afin de toucher les institutions et les décideurs concernées », a lancé Noelly Aka, Chargée de suivi -évaluation au sein de l’Alliance Féministe.
Abordant les cas de viol, Aw Faïdy,fondatrice de l’ONG « Égalité et Droits » estime qu’il faut désormais changer de narratif quand il s’agira de parler d’une personne victime de violence sexuelle.
Selon elle, les victimes sont parfois stigmatisées et accusées à tort. « Par exemple, une personne ayant subi un viol, va être questionné sur sa tenue ,son comportement, l’heure à laquelle elle est sortie, où se trouvait -elle au moment de l’agression, comment a-t-elle réagi etc.
Il ya donc un véritable travail à faire sur le changement de narratif », a-t-elle souligné, exhortant à la sensibilisation et à la formation des acteurs impliquées dans la prise en charge des victimes, mais également les professionnels de l’information et des médias.
Cette position intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences basées sur le genre. Selon les chiffres présentés lors de la rencontre, le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a enregistré 10 747 cas en Côte d’Ivoire.
Ces statistiques comprennent notamment 5 096 cas de déni de ressources, 2 212 violences psychologiques ou émotionnelles, 841 viols, 254 agressions sexuelles, 181 mariages forcés et 9 cas de mutilations génitales féminines.
Le mot d’ordre de l’Alliance Féministe est donc clair : « Pause, écoutons, renforçons puis ratifions ».
N.K

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