Parler librement des règles, comprendre les changements liés à la puberté et lutter contre les préjugés qui entourent la santé menstruelle. À Sakassou, 72 jeunes ont été sensibilisés à ces enjeux lors d’une activité communautaire organisée le samedi 17 octobre 2026 au Centre culturel de la ville. Une initiative qui entend faire de l’information un levier pour préserver la santé et la dignité des jeunes filles.

Après Koumassi et Bouaké, l’équipe du projet a posé ses valises dans cette localité du centre de la Côte d’Ivoire. L’objectif est de rapprocher les jeunes d’une information fiable sur les menstruations et de contribuer à faire reculer les idées reçues qui persistent autour de ce phénomène naturel.
À l’ouverture de la rencontre, M. N’Guessan N’Goran Philippe, président de la Jeunesse communale de Sakassou, a souhaité la bienvenue aux participants et à l’équipe du projet. Il a salué le choix de sa commune pour cette campagne de proximité et exprimé sa reconnaissance à l’OSEFF et à ses partenaires pour leur engagement.

Au-delà de la sensibilisation, les échanges ont mis en lumière l’importance d’une bonne connaissance du cycle menstruel dans la vie des adolescentes. Mieux comprendre son corps permet notamment d’aborder cette étape avec davantage de sérénité et de limiter les risques de stigmatisation. À l’école comme dans la communauté, l’enjeu reste de permettre aux jeunes filles de vivre leurs menstruations sans honte ni discrimination.
Présent à cette activité, M. Balthazar, consultant en communication à PSI Côte d’Ivoire, a salué la mobilisation des jeunes et les a encouragés à profiter pleinement des échanges.
Pour rendre les discussions plus accessibles, une projection de court-métrage consacrée à la puberté et à la précarité menstruelle a servi de point de départ aux débats. Les participants ont ensuite pu poser leurs questions, exprimer leurs préoccupations et obtenir des éclaircissements sur les sujets abordés.

Cette approche participative a favorisé un dialogue autour de réalités souvent passées sous silence. Car les tabous liés aux menstruations peuvent alimenter la désinformation et compliquer le quotidien des adolescentes. En créant un espace d’écoute et d’échange, les organisateurs entendent encourager une parole libérée des jugements et des idées préconçues.
La présentation de l’application OKY a constitué l’un des temps forts de la rencontre. Cet outil numérique permet aux jeunes filles de suivre leur cycle menstruel et d’accéder à des informations relatives à leur santé.
L’équipe du projet en a expliqué le fonctionnement et invité les participantes à l’installer pour mieux connaître leur cycle et disposer de repères utiles. L’intérêt suscité par cette démonstration s’est traduit par un résultat concret : plus de dix personnes ont installé l’application au cours de l’activité.
À Sakassou, cette mobilisation aura permis de rapprocher l’information des jeunes et de mettre en avant des moyens pratiques pour mieux comprendre la santé menstruelle. Un pas supplémentaire vers une génération mieux informée, pour laquelle les règles ne devraient plus être un sujet de honte, mais une réalité que l’on peut aborder librement.
Josué Koffi
