Le Collectif des Agents de prise en charge des malades de COVID-19 a exprimé son mécontentement lors d’une conférence de presse tenue le mardi 17 décembre 2024 au CHU de Treichville. Ces travailleurs de la santé, qui ont lutté sans relâche contre la pandémie, réclament des centaines de millions de FCFA en primes impayées, notamment pour les périodes où la Banque mondiale a financé leur engagement dans le cadre de la riposte nationale.
Le contexte de leur revendication est directement lié à l’approche de la fin des financements du Projet d’Appui au Plan National de Riposte au COVID-19 (PA COVID-19), dont la clôture est prévue pour le 31 décembre 2024.
Depuis les premiers cas de COVID-19 en Côte d’Ivoire, en avril 2020, les agents de santé, parmi lesquels médecins, infirmiers, aides-soignants, pharmaciens et techniciens, se sont trouvés en première ligne dans les centres de traitement du virus.

Les agents estiment avoir été oubliés par les autorités sanitaires, malgré l’engagement de la Banque mondiale de financer cette riposte, jusqu’au 31 décembre 2022.
« La Banque mondiale a cessé ses virements après cette date, et bien que nous ayons continué à soigner les malades jusqu’à la fin du programme en 2023, aucune prime n’a été versée depuis », a souligné Dr Koffi Kouadio Norbert, porte-parole du Collectif.
Le collectif fait état d’un montant global de plus de 500 millions de FCFA en arriérés pour les agents des deux principaux centres COVID-19 d’Abidjan : 86.630.000 FCFA pour les 145 agents du CHU de Yopougon, et 418.000.000 FCFA pour les 256 agents du CHU de Treichville.
Après des démarches restées sans réponse, le collectif a sollicité des audiences auprès du ministère de la Santé, du Premier ministre et d’autres autorités, mais sans succès.
« Le silence des autorités ne peut plus durer. Nous avons besoin de réponses claires sur le versement de ces primes », ont déclaré les représentants des agents de santé.
Cette conférence a eu lieu le jour même où un audit sur l’efficacité du financement de la Banque mondiale dans le cadre de la lutte contre la pandémie touchait à sa fin.
Cet audit vise à vérifier la conformité des projets financés aux normes environnementales et sociales, et se concentre sur la période du 3 au 17 décembre 2024.
Il se veut un outil de transparence pour s’assurer que les fonds alloués ont été utilisés de manière adéquate.
Face à cette situation, le Collectif a annoncé sa volonté de mener d’autres actions pacifiques et légales, si aucune solution n’est trouvée rapidement. Ils espèrent que le gouvernement ivoirien, conscient de leur sacrifice pour la nation, n’abandonnera pas ces héros de la santé. “Nous restons optimistes, convaincus que les autorités, soucieuses du bien-être des populations, sauront prendre la mesure de l’enjeu”, a conclu Dr Koffi.
En attendant une réponse officielle, ces agents de santé, épuisés mais déterminés, continuent de lutter pour leur reconnaissance et leur juste dû.
Josué Koffi

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