Une page nouvelle s’écrit pour les urbanistes ivoiriens. Réunis en assemblée générale ordinaire, la première depuis les élections du 24 janvier 2026, les membres de l’Ordre des Urbanistes de Côte d’Ivoire ont posé les jalons d’une organisation résolument tournée vers l’action, la structuration et la reconnaissance institutionnelle.

Une assemblée fondatrice aux ambitions affirmées
Dans une atmosphère studieuse, les urbanistes ont validé l’ensemble des points inscrits à l’ordre du jour, tout en dressant un diagnostic sans complaisance sur l’état de leur profession. Cette rencontre marque un tournant pour la corporation, désormais conduite par son président, Youssouf Ouattara, déterminé à repositionner les urbanistes au cœur des politiques publiques.

Trois organes statutaires ont été officiellement dévoilés : le Bureau exécutif, le Comité des sages et la Chambre de discipline. Dans la foulée, le programme d’activités 2026 et un budget de plus de 107 millions de FCFA ont été adoptés, consacrant la volonté d’inscrire l’Ordre dans une dynamique structurée et durable.
“Condamnés à réussir ensemble” : un appel à l’unité
Prenant la parole, le président de l’Ordre a livré un discours mobilisateur, insistant sur la nécessité d’une cohésion sans faille.
« Nous sommes condamnés à réussir ensemble », a-t-il martelé à plusieurs reprises, appelant chaque urbaniste à s’investir pleinement dans la consolidation de l’institution.

Pour lui, l’Ordre constitue un patrimoine commun : « On ne pourra jamais faire notre bonheur de façon solitaire. » Un message clair qui place la solidarité et l’engagement collectif au cœur du projet.
La bataille de la visibilité institutionnelle engagée
Depuis la passation de charges en février 2026, le nouveau bureau s’active à renforcer la présence de l’Ordre auprès des institutions. Plus d’une vingtaine de correspondances ont été adressées, avec déjà plusieurs audiences obtenues au sein du gouvernement.
« Toutes ces institutions savent désormais que l’Ordre existe », s’est félicité le président, qui voit dans cette reconnaissance un préalable indispensable pour défendre les intérêts des urbanistes, notamment l’attribution des études d’aménagement à des cabinets ivoiriens qualifiés.



Former, communiquer et protéger la profession
Le plan d’action 2026 s’articule autour de quatre axes : gouvernance, visibilité, renforcement des compétences et actions sociales. Parmi les priorités, la célébration de la Journée mondiale de l’urbanisme, jusque-là peu valorisée en Côte d’Ivoire.
L’objectif est de faire de cet événement un rendez-vous majeur, avec panels, conférences et ateliers, afin de sensibiliser décideurs et citoyens à l’importance de l’urbanisme dans la qualité de vie.
Un diagnostic sans détour sur les dérives urbaines

Au cœur des échanges, un constat préoccupant : la méconnaissance du métier d’urbaniste. Une situation aux conséquences visibles sur le terrain : quartiers mal planifiés, absence d’équipements, urbanisation anarchique.
« Vous voyez une belle façade sur rue, mais à l’intérieur, tout sauf un quartier aménagé », a illustré Youssouf Ouattara, dénonçant un véritable « péril urbain ».
Autre défi majeur : l’usurpation du titre d’urbaniste. « Chacun doit occuper la place qui lui revient », a-t-il insisté, appelant à une régulation plus stricte.
Replacer l’urbaniste au cœur des décisions publiques

Pour relever ces défis, l’Ordre mise sur une présence accrue dans les sphères décisionnelles et un redéploiement des urbanistes dans les administrations et collectivités.

« Si l’urbanisme fonctionne, c’est toute la population qui en bénéficie », a conclu le président, convaincu que le développement harmonieux des villes ivoiriennes passe inévitablement par une profession forte, organisée et reconnue.
Josué Koffi

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