Entre explosion des plaintes et préjudices financiers colossaux, la lutte contre la cyberdélinquance devient urgente en Côte d’Ivoire. Cette information a été rendue officielle, à l’occasion de la tribune d’échange hebdomadaire « Tout Savoir Sur » (TSS) du Centre d’Information et de Communication gouvernementale (CICG), le mardi 15 juillet 2025 Abidjan, le directeur du Pôle Technologie et Opérations de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le lieutenant-colonel Aly Samassi, a révélé que 12 100 dossiers ont été enregistrés par sa structure, représentant un préjudice de 6,9 milliards FCFA en 2024.

Une cybercriminalité en pleine expansion
Le constat est alarmant. En 2024, ce sont 12 100 plaintes liées à l’incivisme sur Internet qui ont été enregistrées, pour un préjudice estimé à 6,9 milliards de francs CFA, selon les chiffres révélés par le lieutenant-colonel Aly Samassi, directeur du Pôle Technologie et Opérations de l’ANSSI.
« Le nombre de cas ne cesse d’augmenter, preuve que l’incivisme en ligne devient un mal endémique », a-t-il averti devant les journalistes.
Une typologie inquiétante des victimes
Les victimes de ces actes ne sont pas uniquement des particuliers. En 2024, les hommes représentaient 60 % des plaintes mais seulement 21 % du préjudice, contre 36 % de femmes pour 31 % des pertes. Plus préoccupant encore : les entreprises, bien que représentant 4 % des cas, concentrent près de la moitié des préjudices financiers (48 %).

« Les entreprises sont devenues des cibles privilégiées. Il s’agit parfois de vols d’identité, de piratages de données ou de spoliations numériques », a expliqué le lieutenant-colonel Samassi.
Les cinq délits numériques les plus fréquents
Le responsable de l’ANSSI a identifié cinq infractions majeures :
- L’atteinte à la dignité humaine
- L’escroquerie en ligne
- L’utilisation frauduleuse d’identifiants
- L’atteinte à l’honneur et à l’image
- La spoliation de contenus numériques
Les sanctions sont à la hauteur de la gravité des actes. « Les peines vont de 6 mois à 20 ans de prison, selon le type d’infraction, accompagnées d’amendes pouvant atteindre 10 millions de FCFA », a-t-il précisé, en se référant au code pénal et à la loi n°2013-451 sur la cybercriminalité.
L’appel à la responsabilité des internautes

Face à cette montée inquiétante de l’incivisme en ligne, l’ANSSI mise sur la sensibilisation et la dénonciation. Elle a mis à disposition des citoyens un numéro vert, le 100, pour signaler tout abus ou comportement répréhensible sur Internet.
« Il est temps que chaque internaute adopte un comportement responsable. Le numérique ne doit pas être un espace d’impunité », a conclu le lieutenant-colonel Samassi.
Ibo François

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