En Côte d’Ivoire, près d’ 1(un) enfant sur (3) trois n’est toujours pas enregistré à la naissance. Une réalité qui prive des milliers de mineurs de droits fondamentaux tels que l’accès à l’éducation, aux soins de santé et à la protection sociale. Face à cet enjeu majeur de développement, l’UNICEF et IHS Côte d’Ivoire ont renouvelé, lundi 29 juin 2026, leur partenariat stratégique autour d’un objectif commun : accélérer la digitalisation des services sociaux et promouvoir une identité légale universelle.

Réunis au siège de l’UNICEF à Abidjan autour d’un panel de haut niveau placé sous le thème « Le secteur privé, partenaire stratégique : vers une identité légale universelle et des services sociaux modernisés », représentants de l’État, partenaires techniques et acteurs du secteur privé ont réaffirmé leur volonté d’unir leurs efforts pour garantir à chaque enfant une existence juridique.
Ouvrant la cérémonie, le Représentant résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, Jean-François Basse, a rappelé que l’enregistrement des naissances constitue la première porte d’accès aux droits.

« Nous célébrons bien plus qu’un partenariat : nous célébrons une vision commune dans laquelle chaque enfant compte, chaque enfant est protégé et surtout chaque enfant existe aux yeux de la société », a-t-il déclaré.
Selon lui, le renouvellement de cette collaboration permettra d’accélérer la digitalisation des centres sociaux, de renforcer l’enregistrement des naissances dans les zones les plus vulnérables et d’offrir chaque année une identité légale à des milliers d’enfants supplémentaires.
Au cours des échanges, les panélistes ont insisté sur le rôle déterminant des technologies numériques dans la modernisation de l’état civil et des services sociaux.

Directeur de la Planification, de l’Évaluation et de la Documentation au ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Sylla Losseni a expliqué que la digitalisation permettra d’améliorer la traçabilité des dossiers sociaux, de produire des statistiques fiables et d’assurer une meilleure prise en charge des populations vulnérables.
« La mise en place de bases de données numériques nous permettra d’être plus efficaces et de mettre rapidement des informations fiables à la disposition des décideurs », a-t-il soutenu.

De son côté, Zeba Rigobert, directeur du Contrôle de l’état civil et des Archives au ministère de la Justice, a mis en avant les avancées de la plateforme e-Justice, qui facilite déjà l’accès aux documents administratifs et contribue à sécuriser l’identité juridique des citoyens.
Pour IHS Côte d’Ivoire, partenaire de l’UNICEF depuis plusieurs années, investir dans l’identité légale relève autant de la responsabilité sociétale que du développement économique.
Représentant la Directrice générale de l’entreprise, le porte-parole de IHS Côte d’Ivoire a rappelé que les infrastructures télécoms constituent aujourd’hui un levier essentiel de l’inclusion numérique.

« Nous exploitons près de 2 700 sites de télécommunications à travers le pays. Notre présence au plus près des communautés nous impose d’accompagner leur développement. Une identité légale est aujourd’hui indispensable pour accéder aux services numériques, notamment à la téléphonie mobile », a-t-il expliqué.
Au-delà de son soutien financier, l’entreprise entend contribuer à l’amélioration des infrastructures numériques, à la sensibilisation des populations et au renforcement des capacités des acteurs intervenant dans la digitalisation des services publics.

Prenant part au panel, Jean-François Basse a insisté sur la nécessité de mobiliser davantage le secteur privé afin de soutenir les efforts du Gouvernement ivoirien.

Selon lui, les progrès enregistrés dans la lutte contre le travail des enfants démontrent déjà l’importance de l’identité légale. « Un enfant enregistré est un enfant qui peut aller à l’école, bénéficier des soins de santé, être protégé et construire son avenir », a-t-il affirmé.
Le représentant résident de l’UNICEF a également souligné que la modernisation de l’état civil repose sur trois piliers essentiels : l’interopérabilité des systèmes, la décentralisation des services et la digitalisation. Trois axes qui permettront d’améliorer durablement l’accès aux documents d’état civil, notamment dans les zones rurales.
Les échanges ont également mis en lumière les efforts déjà engagés par le Gouvernement ivoirien, notamment à travers l’extension de la plateforme e-Justice, les réformes de l’état civil et la volonté de rapprocher les bureaux d’enregistrement des centres de santé afin que chaque nouveau-né puisse quitter la maternité avec son extrait de naissance.
À travers le renouvellement de leur partenariat, l’UNICEF et IHS Côte d’Ivoire affichent une ambition claire : faire de l’identité légale un véritable levier d’inclusion sociale et de développement humain.

Au terme des discussions, un message fort s’est imposé : aucun acteur ne peut relever seul ce défi. L’État, les organisations internationales, le secteur privé et les communautés sont appelés à conjuguer leurs efforts pour que plus aucun enfant ne soit privé de son identité.



Le renouvellement de cette alliance marque ainsi une nouvelle étape dans la construction d’une Côte d’Ivoire plus inclusive, où chaque enfant pourra grandir, apprendre et s’épanouir avec les mêmes chances.
Josué Koffi

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