La vill d’Abidjan, carrefour des mobilités ouest-africaines, la question migratoire s’impose avec une acuité renouvelée : un an après le lancement du projet OUESTAF, la capitale économique ivoirienne réunit à nouveau décideurs, experts et acteurs de la société civile autour d’un même impératif repenser en profondeur les mécanismes de gouvernance pour faire de la migration un levier maîtrisé de développement plutôt qu’un défi subi.
Un an jour pour jour après le lancement du projet OUESTAF, la capitale économique ivoirienne redevient l’épicentre des réflexions sur la migration en Afrique de l’Ouest. À travers deux ateliers majeurs ouverts cette semaine, experts, institutions et organisations de la société civile entendent poser les bases d’une gouvernance migratoire plus efficace, humaine et coordonnée.

Depuis le mercredi 25 mars 2026, les travaux ont débuté avec un atelier consacré à la cartographie des acteurs intervenant dans le domaine migratoire en Côte d’Ivoire. L’objectif est d’identifier les parties prenantes pour mieux coordonner les actions.
Pour Fadiga Massogbe, chargée de programme au sein de Wildaf-Côte d’Ivoire, cette étape est essentielle :
« Il ne peut y avoir de synergie d’actions si les acteurs impliqués ne sont pas clairement identifiés », a-t-elle affirmé, soulignant l’importance d’une approche concertée pour lutter efficacement contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants.
Dans la continuité, un second atelier s’est ouvert ce jeudi 26 mars, portant sur l’analyse des flux migratoires et des vulnérabilités associées. Les participants examineront également le cadre politique, juridique et institutionnel encadrant la migration en Côte d’Ivoire.
Ces échanges, qui se poursuivront jusqu’au vendredi 27 mars, visent à affiner les données existantes et à produire des analyses plus pertinentes pour éclairer les décisions publiques.
« Le but, c’est d’aboutir à un cadre politique migratoire adéquat, adapté et facilitateur », a insisté Fadiga Massogbe, rappelant que la Côte d’Ivoire est à la fois un pays d’accueil, de transit et de départ.

Pour la Directrice exécutive de Wildaf-Côte d’Ivoire, Guidy Simone, ces assises constituent une étape déterminante dans l’élaboration d’un document consensuel.
« Les contributions et réactions interactives permettront d’enrichir le document final et de disposer d’un meilleur état des lieux des migrants en Côte d’Ivoire », a-t-elle expliqué.
Elle a également souligné que cette cartographie facilitera les ajustements nécessaires, notamment en matière de formation et de sensibilisation.
Des attentes fortes pour des résultats résultats

Représentant le Directeur exécutif de Wildaf-Bénin, Thierry Kouda a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’une validation rigoureuse des travaux réalisés.
« Nous attendons que les acteurs apportent leurs contributions afin de vérifier si les résultats reflètent réellement les réalités du terrain », a-t-il indiqué.
Ces activités s’inscrivent dans le cadre du projet OUESTAF, porté par Wildaf et WeWorld, avec l’appui financier de l’Union européenne. Ce programme couvre cinq pays de la sous-région : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Togo.
À terme, l’ambition est de répondre aux défis liés à la mobilité régionale à travers une approche inclusive et multi-niveaux, intégrant les besoins spécifiques de chaque pays.

Au-delà des discours, Abidjan se positionne ainsi comme un laboratoire d’idées et d’actions pour une migration mieux encadrée, plus humaine et véritablement porteuse de développement.
Josué Koffi

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