Quand les enfants prennent la parole, c’est que la douleur a franchi le seuil du silence. En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, une voix inhabituelle mais puissante s’élève : celle des enfants de planteurs de café-cacao. À travers un communiqué transmis à la rédaction de Côte d’Ivoire Infos, l’Union nationale des enfants des planteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire (UNEPCCI) dénonce avec gravité les dérives qui minent la commercialisation du cacao et plongent les producteurs dans le désarroi.

Au cœur de la colère, une pratique jugée inacceptable par les producteurs : la remise de simples reçus en lieu et place du paiement effectif du cacao livré. Une situation que les enfants de planteurs qualifient d’injuste et de dangereuse.
« Nos parents vivent exclusivement du fruit de leur labeur. Lorsqu’ils ne sont pas payés, c’est toute la famille qui bascule dans la précarité », souligne le communiqué de l’UNEPCCI, évoquant des conséquences directes sur la santé, l’éducation et l’équilibre social des communautés rurales.
Pour l’UNEPCCI, cette crise dépasse la simple question financière. Elle touche à la dignité même du producteur ivoirien. « Le cacao est le pilier de l’économie nationale. Toute dérive qui fragilise les revenus des planteurs met en péril l’avenir de leurs enfants et la durabilité de la filière », alertent-ils.
Dans un pays où des millions de familles dépendent de l’or brun, l’absence de paiement équivaut à une bombe sociale à retardement.

Face à cette situation, les enfants de planteurs ne se contentent pas de dénoncer. Ils interpellent directement les autorités compétentes et les structures de régulation, appelées à renforcer les mécanismes de contrôle et de sanction.
« Nous demandons que les règles soient appliquées avec rigueur et que les acheteurs respectent la transparence et l’éthique », martèle l’UNEPCCI, qui insiste sur la responsabilité de l’ensemble des acteurs de la chaîne de commercialisation.

Au-delà de l’urgence, l’organisation plaide pour des solutions structurelles. Elle réaffirme la nécessité de promouvoir la transformation locale du cacao, la conservation et la création de valeur ajoutée, afin de sécuriser durablement les revenus des producteurs.
« Protéger le producteur aujourd’hui, c’est garantir l’avenir des enfants de planteurs demain », rappelle le communiqué, dans un message à forte portée intergénérationnelle.
Déterminés, les enfants de planteurs se disent mobilisés, vigilants et engagés pour une filière cacao équitable et responsable. Leur prise de parole marque un tournant symbolique : celui d’une jeunesse rurale consciente des enjeux et décidée à défendre l’héritage de ses parents.
Josué Koffi

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