Des pistes poussiéreuses de Man jusqu’à la lumière des plus grands projecteurs internationaux, Roseline Layo a forgé son destin à la force du poignet, guidée par une foi inébranlable et un travail acharné. Ce jeudi 15 octobre 2026, l’enceinte du cinéma Majestic d’Abidjan a servi de cadre à un grand rendez-vous de la culture ivoirienne. L’enfant du Tonkpi y dévoilait les contours de « DIVAS », une œuvre ambitieuse réunissant huit figures majeures de la musique du continent autour de la sororité et de la transmission.

L’événement a drainé du beau monde. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le Général Vagondo Diomandé, et la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, ont honoré la cérémonie de leur présence, aux côtés de prestigieux acteurs du monde artistique.
Des épreuves de Man au sommet de la scène nationale
Derrière l’ascension fulgurante de la chanteuse se dessine un parcours fait d’obstacles surmontés. Née dans la modestie à Man, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, la jeune fille captive très tôt ses proches par un timbre de voix singulier. Le chemin fut semé d’embûches, mais la musique a fini par lui ouvrir les portes du succès.
Grâce à des titres phares comme « Donnez-nous un peu » ou « Élus de Dieu », elle s’est imposée dans le cœur des Mélomanes ivoiriens. Pourtant, l’artiste garde les pieds sur terre : « Je n’ai pas pu atteindre tous mes objectifs, mais je suis sur la voie et je vais me donner les moyens de les atteindre », confie-t-elle avec humilité, avant de lancer ce message percutant à la jeunesse : « Battez-vous, donnez-vous les moyens de réussir. »
Un dialogue intergénérationnel au sommet du continent
Attendu pour le 27 novembre 2026, l’album « DIVAS » marque une étape décisive. Roseline Layo y réunit un plateau d’exception : Angélique Kidjo, Oumou Sangaré, Fatoumata Diawara, Aïcha Koné, Reine Pélagie, Mia Guissé, Kany et Djélikaba Bintou.

Au-delà de la performance vocale, ce projet offre une tribune aux causes fondamentales. Le titre « Mousso », partagé avec Oumou Sangaré, dénonce sans détour les violences faites aux femmes, tandis que « Bara » salue le labeur quotidien de celles qui se battent pour leur autonomie. Avec la diva Aïcha Koné, « De mère à fille » aborde les réalités des foyers et le passage de témoin entre générations. Enfin, « On sera là », aux côtés d’Angélique Kidjo, résonne comme un chant de gratitude envers les soutiens des heures sombres.
Une artiste enracinée dans son terroir et tournée vers les siennes
Fidèle à ses racines, la chanteuse fait la part belle aux langues locales. Le yacouba et le bété s’entremêlent aux sonorités contemporaines pour célébrer l’identité africaine. Cet engagement ne se limite pas aux studios : sur le terrain, Roseline Layo multiplie les actions sociales, notamment par la distribution de fournitures scolaires et des soutiens concrets à ses communautés d’origine.
En rassemblant ces figures tutélaires, Roseline Layo démontre que les réussites individuelles prennent tout leur sens lorsqu’elles servent à éclairer la route des autres. « DIVAS » ne s’annonce pas seulement comme un album, mais comme un héritage transmis aux générations futures.
Josué Koffi
