Construire des infrastructures est une chose, garantir leur fonctionnement et leur utilité sur le long terme en est une réalité. C’est autour de cet enjeu majeur du développement local que Abidjan Legacy Program (ALP) a réuni, samedi 17 octobre 2026, au Parc des Expositions d’Abidjan, plusieurs acteurs institutionnels et partenaires au développement, en marge du Salon des Collectivités territoriales.

Sous la conduite de sa coordonnatrice, Binta Touré, ALP a organisé un panel sur le rôle des collectivités territoriales dans la pérennisation des projets de développement. L’ambition est claire : faire en sorte que les investissements réalisés au profit des populations produisent des résultats durables, bien au-delà de leur mise en œuvre.
Dans son allocution d’ouverture, Binta Touré a insisté sur la nécessité de renforcer l’appropriation locale des projets. Grâce à leur proximité avec les populations, les collectivités territoriales sont en mesure de mieux cerner les besoins, de mobiliser les acteurs locaux et de veiller au suivi des réalisations.

L’enjeu est donc de dépasser le modèle dans lequel les autorités locales se contentent de recevoir des projets conçus ailleurs. Elles doivent pouvoir participer pleinement à leur conception, à leur exécution et à leur suivi.
Placé sous le thème « Les collectivités territoriales dans la pérennisation des projets de développement : défis, opportunités et perspectives », les échanges ont réuni six intervenants : Dr Ya Komenan Raphaël, maire de Ouellé ; Pierre Dimba, représentant du Conseil régional de l’Agnéby-Tiassa ; Yapi Ohuo, de la Direction générale de la décentralisation et du développement local (DGDDL) ; Aude Viviane Goulivas, représentante de l’ambassade du Canada ; Renaud Lapeyre, de Nitidæ ; et Hermann Yapi, représentant de Abidjan Legacy Program.

Les discussions ont mis en lumière plusieurs difficultés qui compromettent la continuité des initiatives : l’insuffisance des ressources financières et humaines, la coordination parfois complexe entre les acteurs et l’implication limitée de certaines collectivités dès la phase de planification.
Un constat s’impose : la réalisation d’une infrastructure ne garantit pas, à elle seule, son utilité dans la durée. Encore faut-il prévoir les moyens nécessaires à son entretien, mettre en place une gestion adaptée et assurer un suivi régulier.
Pour relever ces défis, les participants ont souligné l’importance d’un transfert effectif de compétences aux autorités locales, d’une meilleure collaboration avec les ministères techniques et les partenaires au développement, ainsi que de l’implication des populations dès la conception des projets.
Cette démarche doit permettre aux communautés de devenir des actrices de leur propre développement, en participant à la gestion et à la préservation des réalisations. La durabilité des investissements dépend ainsi autant des moyens disponibles que de la responsabilité partagée entre les différents intervenants.
Lancé à la suite d’une initiative annoncée lors de la 15e Conférence des Parties (COP15) à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, organisée en Côte d’Ivoire en mai 2022, Abidjan Legacy Program ambitionne de mobiliser plus de 2,7 milliards de dollars à l’horizon 2030 pour un portefeuille de 112 projets.
À travers ce panel, ALP entend consolider les synergies entre collectivités et partenaires au développement. Car, au-delà des financements mobilisés et des infrastructures livrées, la véritable réussite d’un projet se mesure à sa capacité à continuer de servir les populations, longtemps après son inauguration.
Josué Koffi
