2ᵉ édition de la Grande Nuit du Conte “Ce soir au village” : Abidjan met en lumière l’oralité pour favoriser la cohésion sociale

À Abidjan, l’art de la narration retrouve une place prépondérante. Organisée par Thérèse Yao, conteuse professionnelle et directrice de la compagnie Les Étoiles de l’Art, la deuxième édition de la Grande Nuit du Conte, intitulée “Ce soir au village”, a eu lieu le 2 mai 2026. Cet événement a rassemblé artistes et passionnés autour d’un objectif commun : célébrer l’oralité et promouvoir la cohésion sociale.
Conçu comme un espace de rencontre et d’échange, cet événement, sous le thème “Contons la cohésion sociale et le vivre ensemble”, s’inscrit dans la continuité de la première édition de 2025.

Il complète également les initiatives de Thérèse Yao, promotrice du Festival international de conte N’Kawa N’wouman, dont la 14ᵉ édition est prévue pour août 2026.
Un événement panafricain autour de la narration, entre tradition et transmission
Le samedi 2 mai 2026, au siège du Marché des Arts du Spectacle africain (Masa) à Abidjan-Plateau, des conteurs venus de divers pays, tels que le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso, ont enchanté le public. Parmi eux, Patrice Tonakpon Toton, Thérèse Yao, N’Diawar Diack Seck, Yolande Tagnon, Karane et la Compagnie culturelle Sira, Sirany Katieney.
Les passionnés d’art, des enfants désireux d’apprendre aux adultes, certains nostalgiques et d’autres curieux, ont été captivés par une variété de contes provenant de différents horizons africains. Avec un mélange d’humour, de mythes et de légendes, les participants ont été plongés dans une ambiance évoquant celle d’un village traditionnel.
Assis sur des nattes, les enfants ont eu l’occasion de découvrir la richesse de la culture africaine, perpétuant ainsi la tradition orale.

Les récits ont abordé des sujets variés, comme l’émancipation des droits de la femme, des leçons de sagesse et des réflexions morales, suscitant de nombreuses réflexions.
La soirée a été enrichie par les performances de jeunes talents issus des ateliers, accompagnés de musiciens jouant de la kora, de la flûte et des percussions, créant ainsi une expérience immersive alliant musique et narration.
Une réponse culturelle aux fractures sociales
Au-delà de l’aspect artistique, “La Grande Nuit du Conte” incarne une forte ambition sociale.
Selon Thérèse Yao, la société actuelle est confrontée à un déficit d’écoute et à une déconnexion croissante, exacerbée par l’utilisation excessive des technologies. “Les enfants comme les adultes n’écoutent plus”, déplore-t-elle, évoquant des familles fragilisées et une société de plus en plus divisée. En réaction à cette situation, l’événement se veut une réponse culturelle : recréer des liens, valoriser les racines africaines et réhabiliter la parole comme un outil de transmission et de cohésion.
En réunissant artistes et publics sur les rives de la lagune d’Abidjan, cette initiative vise à replacer l’Afrique au cœur de son patrimoine immatériel, faisant de l’oralité un vecteur de paix, d’unité et de vivre-ensemble. De nombreux invités, tels que Fanta Silué, épouse Goueu, représentante du directeur régional de la Culture et de la Francophonie d’Abidjan, et la conteuse internationale Floppy Mendosa, ont été impressionnés par cette initiative dédiée à la pérennisation de la tradition orale africaine.
Eza danger.

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