Tiapoum, sud-est de la Côte d’Ivoire, Sous le vernis d’une localité paisible, la tension est palpable. Dans cette zone frontalière stratégique, une crise de succession royale secoue depuis plusieurs années le royaume des Adoulvais-Sohies. Loin d’être un épisode récent, ce conflit plonge ses racines dans une contestation ancienne, aujourd’hui ravivée par des affrontements de légitimité.

« Un roi ne parle pas souvent. Mais quand l’eau déborde du vase, elle finit par couler. » Par ces mots lourds de sens, Sa Majesté Kroutchi IV, roi des Adoulvais-Sohies, est sorti de sa réserve pour alerter sur une situation qu’il juge préoccupante.
Une contestation qui remonte à 2023
Contrairement aux apparences, la crise actuelle n’est que l’aboutissement d’un long processus.
Selon le souverain, tout bascule le 25 mars 2026, date à laquelle Etty Kouaho Paulin se serait autoproclamé roi, en dépit d’une circulaire interdisant formellement toute cérémonie d’intronisation.
« Ce problème ne date pas d’aujourd’hui. Depuis 2023, il s’inscrit dans une logique de provocation et de passage en force », confie une source proche de la chefferie.

Avant cette date, le royaume vivait, selon les témoignages, dans une harmonie sociale sans précédent. « Il n’y a jamais eu deux rois dans ce royaume, pas même depuis les années 1800 », insiste le camp royal, rappelant le caractère sacré et structuré de la succession dans la tradition Akan.
Une tradition bousculée par des ambitions individuelles
Au cœur du conflit, la question de la légitimité. Pour Kroutchi IV, la royauté repose sur des fondements clairs : la descendance, la reconnaissance des gardiens de la tradition et le respect des rites.
« On est roi par descendance, on ne le devient pas par opportunité », tranche-t-il.
Des incidents récents qui ravivent les tensions

La situation s’est aggravée avec des incidents signalés lors d’une cérémonie officielle à Noé, le 25 mars 2026. Des perturbations, attribuées à des individus non identifiés, auraient fait des blessés, accentuant le climat de méfiance.

Pour le roi en place, ces actes s’inscrivent dans une continuité : « Depuis 2023, il y a des tentatives répétées de sabotage du royaume. »
Un appel à l’État pour éviter l’escalade
Face à ce qu’il considère comme une menace pour la cohésion sociale, Kroutchi IV appelle à une intervention urgente des autorités ivoiriennes.
« Nous privilégions la paix, mais nous ne resterons pas passifs face à la déstabilisation », prévient-il, évoquant même le risque d’un soulèvement populaire si aucune solution n’est trouvée.

Dans une région où la stabilité est cruciale, cette crise coutumière dépasse désormais le cadre traditionnel pour devenir un enjeu sécuritaire majeur.






Josué Koffi

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